Au sein de la communauté de communes Arc Mosellan, seule Isabelle Cornette, vice-présidente, défend une égalité flagrante entre genres, face à une prédominance masculine de 14 à 1. Alors que la loi ne fixe pas de règle de parité à ce niveau, l'élue de 56 ans a décidé de combattre cette situation qu'elle juge injuste.
Isabelle Cornette, figure centrale de cette mobilisation, reçoit des témoignages d'élues et de citoyennes exprimant leur désarroi. Son intervention remarquée lors d’une réunion le 21 avril dernier a suscité une forte prise de conscience. Elle a interrompu la séance pour rassembler ses homologues féminines, une initiative saluée par de nombreuses élues à travers la Moselle.
Éveiller les consciences
Malgré son rôle de première vice-présidente, Cornette considère cette situation comme une "anomalie démocratique" et plaide pour une "véritable équité démocratique" dans les instances décisionnelles. Si la loi garantit la parité pour les adjoints au maire, cela ne s’applique pas aux vice-présidents des communautés de communes, ce qui constitue, selon elle, un paradoxe.
Les statistiques révèlent que les femmes représentaient seulement 32,5 % des élus dans le Grand Est en 2020, un chiffre qui souligne la carence de représentation féminine dans ces structures, comme le rapporte la Direction générale des collectivités locales. "Construire un territoire ne peut se faire sans impliquer les femmes", souligne Cornette. Elle envisage également de partager son plaidoyer sur les réseaux sociaux pour amplifier sa voix.
Les hommes prêtent oreille
La situation en Moselle n’est pas unique. Dans la communauté d’agglomération Saint-Avold Synergie, un incident a rappelé que des lois censées promouvoir la parité peuvent devenir des obstacles. Une élue n'a pu intégrer l'assemblée faute d'un candidat homme disponible, malgré un désistement. Ce problème illustre les complexités du système en place.
"Il semble qu'une prise de conscience s'opère", confie Cornette, notant que plusieurs hommes politiques commencent à remettre en question l'organisation actuelle des assemblées. "Certains sont même en proie à une culpabilité", ajoute-t-elle, observant un changement d'attitude progressif.
Le président de l'Arc Mosellan, Arnaud Spets, fait écho à ce désir de changement. Lui-même soutient la demande de Cornette auprès de ses collègues, soulignant que les représentants élus devraient mieux refléter la population, pas seulement les communes. Spets envisage même la création de postes de conseillères déléguées, sur le même pied qu'un vice-président, afin d'atteindre une plus grande équité en termes de représentation.







