L'État mexicain traverse une période troublée après la mort de Nemesio Oseguera, surnommé « El Mencho », célèbre baron de la drogue dont les actions ont mis le pays à feu et à sang. En réponse aux violences qui ont suivi son décès, le gouvernement a opté pour un déploiement massif de troupes, faisant passer le nombre de soldats à 10 000 dans l'État de Jalisco, un chiffre qui inclut 2 500 ajoutés récemment.
Oseguera, chef du Cartel de Jalisco Nouvelle Génération (CJNG), a été tué lors d'une opération militaire à Tapalpa. Sa mort a ravivé les hostilités, entraînant des blocages de routes, des incendies de véhicules, et des affrontements avec les forces de l'ordre dans plus de vingt États, selon des sources gouvernementales.
Le bilan des violences suite à l'opération indique la mort de 25 membres des forces de sécurité, ainsi que de nombreux membres du cartel. La ville de Mexico n'a pas connu de troubles majeurs, mais des violences ont été signalées ailleurs, laissant les autorités dans une lutte pour rétablir l'ordre.
Rues désertes et écoles fermées
Dans le sillage de ces événements, des écoles ont suspendu leurs cours et les commerces à Guadalajara ont presque tous fermé leurs portes, alors que la population redoute de nouvelles escalades de violence. Claudia Sheinbaum, présidente de Mexico, a tenté d'assurer le public que la sérénité revenait, même si des témoins ont rapporté de petits incidents isolés.
« On a peur, je crois que toute la société a peur », a déclaré Angel Gonzalez, chauffeur de taxi, soulignant le climat d’incertitude qui règne actuellement.
Un baron de la drogue traqué à 15 millions de dollars
Oseguera, à l'âge de 59 ans, était jugé l'un des barons de la drogue les plus recherchés au monde. Les États-Unis offraient une récompense allant jusqu'à 15 millions de dollars pour toute information menant à son arrestation. Son pouvoir et son influence à la tête du CJNG lui avaient valu un triste statut de « dernier grand parrain », après l'incarcération de figures notables comme « El Chapo » Guzman.
Les forces armées mexicaines ont agi rapidement sur la base d'informations collectées, isolant la zone où Oseguera se trouvait avant d'engager une confrontation avec ses gardes de sécurité. Le secrétaire à la défense, Ricardo Trevilla, a précisé que les États-Unis n’avaient pas participé activement à l'opération, mais avaient fourni des renseignements.
Selon Gerardo Rodriguez, expert en sécurité, l'absence de successeurs immédiats à Oseguera pourrait provoquer des divisions au sein du cartel, ouvrant la voie à des luttes de pouvoir pouvant accentuer la violence. L'avenir du CJNG reste ainsi incertain, dans un contexte déjà volatile.







