L'essentiel
La Cour suprême des États-Unis a rendu un verdict impactant le 20 février dernier en déclarant illégaux les droits de douane institués par l'administration Trump. En réponse immédiate, Donald Trump a annoncé l’instauration de nouveaux droits de douane mondiaux fixés à 10%.
Cet épisode judiciaire a marqué un tournant dans la politique commerciale de Trump. Il a vivement critiqué la décision des juges qu'il qualifie d'"antipatriotique". Malgré cela, les nouvelles taxes seront maintenues, s'appliquant à de nombreux pays, y compris ceux ayant des accords avec Washington. Selon une déclaration de la Maison Blanche, ces taxes devraient être considérées comme temporaires.
Les 10% s’ajouteront aux taxes déjà en vigueur
Actuellement, de nombreux pays européens, comme la France, l'Allemagne et l'Espagne, sont déjà soumis à des taxes d'environ 15% sur leurs exportations. D'autres pays tels que le Royaume-Uni, l'Ukraine et l'Australie bénéficient de taux plus bas, à hauteur de 10%. La nouvelle taxe de 10% touchera même des nations ayant des accords commerciaux avec les États-Unis, telles que l’Union européenne, le Japon, et Taïwan.
Le début d’une bataille juridique
La situation pourrait conduire à des complications juridiques significatives. À la fin de 2025, environ 300 000 importateurs avaient déjà acquitté ces droits de douane. Si la Cour suprême confirme leur illégalité, cela pourrait entraîner des remboursements exorbitants estimés à 170 milliards de dollars, laissant ainsi à d'autres juridictions le soin de gérer cette affaire épineuse.
Des réactions prudentes ou satisfaites dans le monde
Les réactions internationales se veulent mesurées. Le gouvernement allemand a assuré qu'il demeurait en "contact étroit" avec l'administration Trump. De son côté, Emmanuel Macron a salué l'importance des contre-pouvoirs dans les démocraties, insistant sur la nécessité de maintenir des échanges équitables sans subir de décisions unilatérales. Au Mexique, le ministre de l'Économie, Marcelo Ebrard, a exprimé une prudence similaire, soulignant la nécessité d'analyser les impacts des nouvelles mesures avant de réagir.
Le clan Trump affaibli au sein des Républicains ?
Ce revers pourrait fragiliser davantage l'influence de Trump au sein de son propre parti. De nombreux républicains, comme Mitch McConnell, ont applaudi la décision de la Cour suprême. McConnell a rappelé que le Congrès détient le pouvoir d'imposer des droits de douane et que l'administration doit convaincre ses membres de soutenir de telles mesures. Trump, bien conscient de la faiblesse de son soutien au Congrès, pourrait choisir de contourner cette situation en passant par d'autres voies législatives. Son prochain discours sur l'état de l'Union, prévu mardi, devrait aborder ces questions délicates.







