Malgré des températures glaciales dépassant les -20 °C, une foule impressionnante s'est amassée à Minneapolis, brandissant des pancartes demandant l'abolition de l'Immigration and Customs Enforcement (ICE) et l'arrêt des détentions. Ce rassemblement fait suite à l'indignation suscitée par l'arrestation d'un jeune garçon de 5 ans par les autorités de l'immigration.
Des milliers de personnes se sont rassemblées en début d’après-midi dans le cœur de Minasota, portant des messages forts tels que « Abolir ICE » et « Laissez nos voisins tranquilles ». Un rassemblement ultérieur était prévu dans une salle de sport de la ville, indiquant la profondeur de la frustration ressentie. La mobilisation a également essaimé à proximité des bureaux d'ICE et à l’aéroport de Minneapolis-Saint-Paul, points névralgiques des opérations de cette agence.
Selon des rapports locaux, des membres du clergé se sont joints à la lutte, avec plus d'une centaine d'entre eux arrêtés lors des manifestations. La ville, profondément touchée par ces événements, a vu certains commerces et institutions culturelles fermer pour soutenir la mobilisation, répondant à l'appel « Pas de travail. Pas d'école. Pas de shopping ».
Liam Ramos et l'indignation publique
Les marches ont été largement motivées par le cas de Liam Ramos, dont la photo, représentant un enfant apeuré sous une couverture, a fait le tour des réseaux sociaux. Pelage et bonnet bleu aux oreilles de lapin, le garçon a été séparé de son père, accusé d'être en situation irrégulière. Des sources comme Ouest-France rapportent que le vice-président américain, JD Vance, a suggéré que la séparation fut un incident imprévisible, bien que de nombreuses voix contestent cette version des faits.
Les dirigeants d’ICE, dont Marcos Charles, ont tenté de minimiser l'incident, affirmant lors d'une conférence de presse que l'agence n’avait jamais eu comme intention de viser l’enfant. « Nous avons tout fait pour le réunir à sa famille », a-t-il déclaré. Cependant, Zena Stenvik, responsable scolaire, a accusé l'agence d'avoir utilisé le jeune enfant comme appât pour appréhender des adultes présents dans sa maison. Cette allégation a intensifié l'indignation des manifestants.
Des témoignages accablants et des sentiments d'injustice
Le Haut-Commissaire aux droits de l’homme de l’ONU a exprimé son horreur face à ce qu’il qualifie de « mauvais traitements quotidiens » infligés aux immigrants. Il a exhorté le gouvernement américain à cesser ses pratiques de séparation familiale, soulignant que ces événements ne sont pas des incidents isolés, mais symptomatiques d'une crise plus large affectant de nombreuses familles immigrantes.
D'un autre côté, les autorités locales, souvent en désaccord avec le gouvernement fédéral, ont annoncé des poursuites pour tenter de stopper les incarcérations d'immigrants au Minnesota, une région traditionnellement moins coopérative avec ICE, limitant ses opérations. Alors que l'État traite cette question sensible, le climat local se retrouve exacerbé par des événements tragiques, comme la mort récente de Renee Good, donnant un nouvel élan aux mouvements anti-ICE.
Alors que l'Église locale, le gouvernement et les mouvements de droits humains continuent de s'interroger sur la manière d'aborder la question de l'immigration, cette manifestation à Minneapolis illustre une résistance croissante contre une politique qui, selon de nombreux citoyens, semble ignorer la dignité humaine au profit du contrôle.







