Le FBI a récemment mené une perquisition au domicile de Hannah Natanson, journaliste au Washington Post, dans le cadre d'une enquête sur des fuites d'informations militaires sensibles. Ce geste inédit suscite des réactions d'inquiétude concernant les libertés journalistiques. La ministre de la Justice, Pam Bondi, a indiqué que cette opération a été orchestrée à la demande du ministère de la Défense. Selon elle, Natanson a publié des informations classifiées divulguées illégalement par un sous-traitant du Pentagone.
Le Washington Post a rapporté que le matériel confisqué comprenait les ordinateurs de Natanson ainsi que son téléphone, un acte considéré par de nombreux observateurs comme une atteinte préoccupante à la liberté de la presse. Bien que la journaliste n'ait pas été désignée comme suspecte, le directeur du FBI, Kash Patel, a souligné que l'enquête se concentrait sur Aurelio Perez-Lugones, un ancien sous-traitant du gouvernement, accusé d'avoir emporté des documents classifiés.
Ce type d'intervention est rare et a été largement critiqué. Xochitl Hinojosa, ancienne directrice de la communication sous l’administration Biden, a exprimé son indignation sur les réseaux sociaux en affirmant que "ceci est un pas en arrière pour la liberté de la presse". Historiquement, le ministère de la Justice n’a pas poursuivi des journalistes pour la publication d’informations classifiées, et cette évolution pourrait marquer un tournant inquiétant.
Des experts signalent que cette perquisition pourrait dissuader les éventuels lanceurs d'alerte et les sources qui souhaitent communiquer des informations sensibles. Ces préoccupations sont d’autant plus pressantes dans le contexte où le ministère de la Défense a récemment imposé des restrictions supplémentaires aux journalistes accrédités au Pentagone, rendant l'accès à des informations critiques plus difficile.
Selon une enquête de France24, des journalistes de médias de premier plan, dont le New York Times et l'AFP, ont condamné ces nouvelles conditions. La liberté de la presse est ainsi mise à l'épreuve dans un climat où les tensions entre la sécurité nationale et le droit à l'information se font de plus en plus palpables.







