La formation politique d'Albin Kurti, Vetëvendosje (VV), a réussi à remporter les élections législatives anticipées du dimanche, mais avec un score en baisse et une participation limitée, rendant sa capacité à former un gouvernement incertaine.
Avec environ 43% des voix, contre 51% lors des précédentes élections anticipées de décembre, les résultats préliminaires publiés par la Commission électorale soulignent une tendance à la désaffection des électeurs, alors qu'à peine 37% des 2 millions d'électeurs se sont déplacés aux urnes.
Kurti, s'exprimant à ses partisans à Pristina, a qualifié cette victoire de quatrième consécutive, affirmant que sa formation continuerait à gouverner pendant de nombreuses années. Cependant, la réalité politique pourrait se révéler complexe, rendant nécessaires des négociations pour établir une majorité.
Les deux principaux partis d'opposition, le Parti démocratique du Kosovo (PDK) et la Ligue démocratique du Kosovo (LDK), ont obtenu respectivement 21% et près de 18%. Gezim Selimi, un enseignant à la retraite, a exprimé son inquiétude sur l'immobilisme politique, appelant les partis à se concentrer sur les véritables enjeux du Kosovo.
Depuis les élections de février 2025, le pays est plongé dans une impasse parlementaire, rendant nécessaires ces élections anticipées. Cependant, le Parlement a été à nouveau dissous après un blocage concernant l'élection de la présidence.
Virgjina Dumnica, juge à la retraite, a considéré le scrutin comme "inutile", déplorant le coût de plus de 10 millions d'euros, un montant considérable pour une nation parmi les plus pauvres d'Europe.
Les analystes partagent des inquiétudes quant à la pérennité de cette crise politique. Ardi Uka, chercheur en économie politique, et Safet Gerxhaliu, professeur à l'université de Pristina, mettent en garde que la "crise systémique" actuelle est la plus sévère depuis l'indépendance vis-à-vis de la Serbie en 2008, freinant le pays dans l'accès aux fonds européens.
L'inflation, quant à elle, dépasse les 5%, affectée par la montée des prix alimentaires, selon le FMI. Les électeurs semblent désillusionnés, comme le résume Basri Jonuzi, chimiste à la retraite : "les mêmes personnes et la même mentalité ne portent guère d'espoir pour le futur".







