Le Parti Vetëvendosje (VV), dirigé par le Premier ministre Albin Kurti, se retrouve en tête des élections législatives anticipées au Kosovo, mais avec un score en baisse, selon les sondages des sorties de urnes. Ce parti, qui prône des valeurs sociales de gauche et un nationalisme fort, est crédité d'environ 40% des voix, un résultat insuffisant pour former un gouvernement sans soutien.
Lors de ce scrutin, la participation a été exceptionnellement faible, avec seulement 37% des 2 millions d'électeurs inscrits ayant pris part au vote, un chiffre bien en dessous des 45% de la dernière élection en décembre, selon la Commission électorale.
La lassitude des électeurs est palpable. Gezim Selimi, enseignant à la retraite, s'est exclamé après avoir voté : "Ça suffit ! J’attends des partis qu’ils se ressaisissent et travaillent pour le Kosovo". Le pays a connu une paralysie politique après les élections de février 2025, où VV avait échoué à constituer une majorité. Les élections anticipées ont été convoquées pour répondre à cette impasse.
Après avoir de nouveau remporté les élections de décembre, avec plus de 51% des suffrages, le VV n’a pas réussi à élire un nouveau président, entraînant une dissolution du Parlement en avril dernier.
Virgjina Dumnica, juge à la retraite, a qualifié cette élection d'"inutile", soulignant que les ressources financières dépensées auraient été mieux utilisées pour le développement du pays. Ce nouveau scrutin a coûté plus de 10 millions d'euros, une somme conséquente pour l’un des pays les plus pauvres d’Europe.
Les experts restent sceptiques quant à l'issue de cette élection pour résoudre la crise politique. Ardi Uka, chercheur en économie politique, prédit que "la crise continuera", tandis que Safet Gerxhaliu de l'Université de Pristina évoque une "crise systémique" sans précédent depuis l'indépendance vis-à-vis de la Serbie en 2008.
Ce contexte politique difficile empêche le Kosovo d'obtenir les fonds européens prévus dans le plan de croissance de Bruxelles pour les Balkans occidentaux. Actuellement, sur les 980 millions d'euros disponibles, seuls 62 millions ont été reçus, nécessaires à la mise en place de réformes.
Bref, au milieu des frustrations croissantes des citoyens, Basri Jonuzi, chimiste à la retraite, exprime ses craintes pour l'avenir, affirmant qu'il faudrait "mettre fin à cette situation". Qemal Buqinca, un universitaire, conclut avec une exhortation simple : "Nous devons avoir plus d'amour pour le Kosovo que pour le pouvoir".







