ORDRE ET DÉSORDRES. La supériorité militaire ne prévient pas les défaites stratégiques, une leçon que Trump semble appréhender ces jours-ci.
Alors que l’on pressentait, dimanche dernier, la signature imminente d’un Les premiers échos du mémorandum révèlent un potentiel défi stratégique majeur non seulement pour les États-Unis, mais aussi pour leurs alliés dans la région, y compris Israël et les Émirats arabes unis. Aucun des objectifs américains ou des projets israéliens n’a été atteint : le régime iranien est toujours aux affaires, son programme nucléaire persiste, tout comme son arsenal de missiles et ses soutiens aux milices chiites au Liban et en Irak. En réponse à cette vague de critiques à Washington, Trump a tenté d’apaiser les tensions via un message publié sur son réseau Truth Social, affirmant que les négociations avancent de manière "ordonnée et constructive". Une leçon bien connue se confirme : renverser un régime ne peut pas se faire uniquement par des moyens aériens. Malgré plus de 13 000 frappes aériennes visant ses installations, la République islamique résiste, illustrant ainsi la puissance des stratégies asymétriques. Les dirigeants iraniens ont su escalader les tensions, ciblant des infrastructures essentielles dans le Golfe, provoquant ainsi une crise énergétique mondiale. Ainsi, après une trêve de six semaines, le conflit a évolué pour se muer en une menace tangible pour l’économie mondiale. Le blocus sur le détroit d’Ormuz est devenu de plus en plus intolerable. Cette situation a incité une intensification des négociations, avec le Pakistan, le Qatar, l’Arabie saoudite, la Turquie et l'Égypte cherchant à établir un nouveau mémorandum de paix. Alors que la réouverture du détroit d’Ormuz est envisagée, elle ne sera pas immédiatement décisive, et la question nucléaire impliquera des négociations techniques dans les prochaines semaines. Les Iraniens restent fermes sur leur droit à l'enrichissement d'uranium, et de nombreuses inconnues persistent, notamment en ce qui concerne leur arsenal et le sort d’installations clés telles que Natanz, Fordow et Isphahan. Les questions relatives aux missiles balistiques et aux milices pro-iraniennes sont largement ignorées. Au final, ce cadre ressemble fort à l’"accord très mauvais" de 2015, le JCPOA, que Trump avait dénoncé en 2018. Tout cela, pour quel résultat ?Une paix teintée de victoire iranienne
Les leçons des stratégies asymétriques
Un accord complexe et incertain







