Actuellement en mer, les 88 passagers et 59 membres d’équipage du navire de croisière MV Hondius attendent, dans l'angoisse, leur retour après plusieurs semaines de confinement fleurthis.
Françoise, une des cinq Français à bord, exprime ses préoccupations concernant la propagation de l'hantavirus. "Bien que les passagers ne montrent pas de signes de panique, l'inquiétude est palpable face à l'incertitude de notre situation", confie-t-elle à BFMTV.
Le navire, qui a quitté Ushuaia en Argentine le 1er avril, devait initialement rejoindre le Cap-Vert. Cependant, depuis le 11 avril, trois passagers, dont un couple néerlandais et une Allemande, ont perdu la vie à cause de l'hantavirus. Le navire est actuellement retenu près du port de Praia, dans l'attente de recommandations sanitaires.
Des mesures jugées insuffisantes
Le capitaine, Jan Dobrogowsld, a informé plusieurs fois les passagers depuis le premier décès. Dans une vidéo partagée sur les réseaux sociaux par Ruhi Çenet, un réalisateur qui voyageait à bord, il affirmait qu'il n'existait aucun risque de contagion et que le navire n'était pas en danger, une certitude qui soulève des doutes parmi les passagers.
Bien qu’un port du masque ait été rendu obligatoire, la distanciation sociale reste insuffisante : "Nous dînons ensemble au restaurant, et bien qu'une disposition en quinconce ait été mise en place récemment, l'efficacité de ces mesures est questionnée", déclare Françoise. "Il semble que ceux qui ont été malades avaient été en contact direct avec les victimes décédées", ajoute-t-elle avec inquiétude.
« La situation a pris une dimension inattendue, tout en continuant à profiter d'un barbecue sur le bateau comme si de rien n'était »
En dépit de l'ambiance qui entoure cette épidémie, les passagers continuent de mener leur vie. Des événements collectifs comme des barbecues se sont poursuivis, ce qui suscite la consternation parmi ceux qui comprennent la gravité de la situation.
Une évaluation rassurante de l’OMS
Face à ces inquiétudes, le directeur régional de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour l'Europe, Hans Kluge, a indiqué que le risque pour la population générale reste minimal. "Il n'est pas nécessaire de céder à la panique ou d'instaurer des restrictions de voyage", a-t-il affirmé. Les infections par hantavirus étant généralement rares et provenant de contacts avec des rongeurs infectés, l'OMS a souligné que les transmissions interhumaines étaient peu probables.
A ce jour, trois décès ont été confirmés et plusieurs passagers restent sous observation. La situation reste surveillée de près, et des améliorations des mesures sanitaires sont à prévoir une fois les passagers débarqués à Tenerife.







