L'édile Horizons de Valenciennes a été jugé et condamné ce jeudi 30 avril à cinq ans d'inéligibilité avec exécution provisoire, suite à des accusations de subornation de témoin et de prise illégale d'intérêts. Ce verdict intervient dans un contexte tumultueux, quelques mois après sa réélection.
Laurent Degallaix, 60 ans, est maire de Valenciennes depuis 2012. Il était soupçonné d'avoir exercé des pressions pour obtenir l'embauche d'une femme avec qui il entretenait une relation intime au sein d'une société de stationnement de la ville. De plus, il aurait tenté de convaincre cette personne d'abandonner une plainte qu'elle avait déposée à son encontre. Les accusations se sont multipliées, notamment concernant l'accélération du licenciement d'une autre employée liée à des opposants politiques, renforçant l'impression d'un maire agissant avec un pouvoir quasi absolu.
Le procureur a exprimé la gravité de ces manquements, évoquant une atteinte à l'image des fonctions électives. Il a souligné que cette situation n'était pas isolée, rappelant qu'il s'agissait d'un délit réitéré. La justice a voulu envoyer un message fort, soutenu par une demande de peine d'un an de prison avec détention à domicile et une amende de 25 000 euros.
Me Philippe Simoneau, avocat de Degallaix, a critiqué cette approche, la qualifiant d'exécution politique et déplorant le timing de la procédure, qui a eu lieu juste avant les élections. À l'opposé, Me Joseph Breham, représentant les parties civiles, a défendu que les réquisitions étaient logiques face aux accusations.
Cette affaire soulève des interrogations sur la gouvernance locale et les dérives possibles au sein des institutions publiques. Alors que Valenciennes s'apprête à tourner une page de son histoire politique, les citoyens attendent avec impatience la réaction de l'administration et la mise en place de mesures pour restaurer la confiance dans les institutions.







