Le climat tendu dans les prisons françaises a poussé l'Ufap-Unsa, l'un des principaux syndicats de surveillants pénitentiaires, à prendre une position ferme ce lundi 27 avril. En effet, le syndicat appelle à des actions de blocage dans les établissements pénitentiaires afin de demander des mesures immédiates pour lutter contre la surpopulation carcérale et le manque de personnel. Stéphane Lecerf, délégué et surveillant à la maison d'arrêt de Valenciennes, a partagé avec RTL des conditions alarmantes, faisant état de 380 détenus pour seulement 196 places.
"Il ne faut pas s'étonner qu'il y ait des loupés," a-t-il déclaré, soulignant que cette situation engendre des tensions considérables. Les détenus sont forcés de dormir sur des matelas au sol, et la gestion des dossiers est souvent hâtive. Bien qu'il ne ressente pas d'angoisse avant d'entrer en service, Lecerf note que la dynamique de pouvoir entre agents et prisonniers s'est profondément détériorée, notamment lorsqu'ils travaillent dans des espaces exigus.
Cette surpopulation chronique se traduit également par des conditions de vie inacceptables. Christelle, dont le frère est incarcéré à Béthune, a évoqué des problèmes tels que des punaises de lit et des températures glaciales. "C'est indigne, je ne mettrai même pas un chien là," a-t-elle déclaré, s'inquiétant pour la sécurité des détenus.
À Valenciennes, les rangs des surveillants sont réduits, avec des agents accumulant entre 50 et 80 heures supplémentaires par mois, une surcharge qui devient insupportable. Ce phénomène est attribué à l'augmentation des responsabilités, rendant les journées de travail encore plus épuisantes.
Des promesses mais on ne voit rien venir
L'Ufap-Unsa réclame la création de 5 000 nouveaux postes de surveillants pour pallier la pression croissante dans les établissements. Le ministère de la Justice, de son côté, envisage d'ouvrir 3 000 places supplémentaires dans des prisons modulaires d'ici 2027. Cependant, seulement un tiers des 15 000 places promises dans le cadre d'un plan de 2018 a été réalisé. "On a toujours des promesses mais on ne voit jamais rien venir," déplore Stéphane Lecerf, reflétant le sentiment de frustration croissant parmi les surveillants.







