À partir de lundi, trois des quatre leaders présumés de la DZ Mafia seront jugés pour un double homicide tragique survenu en 2019, dans un climat de rivalité entre narcotrafiquants marseillais. Le procès se tiendra à Aix-en-Provence, sous des mesures de sécurité jugées « sans précédent ».
Un coup de filet déterminant, mené début mars, avait révélé des informations préoccupantes sur cette organisation criminelle. Pour la première fois dans ce genre d’affaire, l'avocat de l'un des accusés, Gabriel Ory, a été mis sous écrou, soupçonné de corruption par ses liens avec son client, qui serait, selon les autorités, l'un des cofondateurs de la DZ Mafia.
Les enquêteurs poursuivent leurs investigations sur des éléments inquiétants comme l'achat de matériel pouvant laisser supposer des plans d'action violente. Selon le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, des téléphones ont été découverts dans des cellules de la prison d’Aix, avant l’arrivée de Gabriel Ory pour le procès.
« Ce procès révèle la complexité de la criminalité organisée et la nécessité pour l'État de sécuriser les personnes et les biens », indique Franck Rastoul, procureur général de la cour d'appel d'Aix.
Les faits qui seront jugés remontent au 30 août 2019, alors que le terme DZ Mafia n’était pas encore utilisé. Ce jour-là, le corps de deux hommes a été découvert par une femme de ménage dans un hôtel à proximité de Marseille. L’un d'eux, Farid Tir, récemment sorti de prison, et son ami, Mohamed Benjaghlouli, étaient des victimes d’un règlement de comptes.
La Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Marseille a élucidé les contours de l’organisation criminelle impliquée, avec Karim Harrat, suspecté depuis Dubaï d'avoir commandité ces meurtres, et Walid Bara, son contact sur le terrain, qui reste en fuite.
Les confessions de « Tatoo »
Les enquêtes ont révélé que Zaineddine Ahamada et Adrien Faure, présumés coupables de l'exécution, avaient des liens avec la DZ Mafia. Ory se retrouve accusé d'avoir facilité l'accès à Farid Tir via une mise en relation avec Amine Oualane, également mis en examen pour association de malfaiteurs.
L'accusation s'appuie fortement sur les témoignages des proches des victimes et les déclarations d'un repenti connu sous le nom de « Tatoo ». Ces témoignages, bien que contestés par certains avocats, seront au cœur des débats.
Ce procès pourrait durer près de trois semaines, avec un verdict attendu pour le 10 avril. Les enjeux sont colossaux pour le système judiciaire français face à l'ingérence croissante du narcotrafic.







