Jugé le jeudi 19 mars, un Rochelais âgé de 24 ans a été condamné à trois ans de prison ferme pour importation et vente de stupéfiants. Lors de ce procès, il a révélé qu'il avait été contraint de reprendre le trafic pour s'acquitter de ses dettes.
Déjà en difficulté financière, il devait initialement 9 000 euros à ses fournisseurs. À sa sortie, ce montant grimpe à 30 000 euros après que les forces de l'ordre ont saisi une somme considérable chez sa mère à Mireuil, ainsi qu'une importante quantité de drogues. Les agents ont mis la main sur divers produits illicites, dont de la cocaïne et du cannabis.
Tout a commencé avec un banal contrôle de police à La Rochelle, où les occupants d'une Mercedes ont dénoncé leur fournisseur, conduisant à l'interpellation de El Mahdi Baamrane. Déjà connu de la justice pour plusieurs délits liés à la drogue, il a été arrêté sur son lieu de travail dans une maison de retraite.
Un parcours de vie douloureux
À la barre, El Mahdi a exprimé ses regrets et retracé son parcours depuis son arrivée du Maroc à l'âge de 10 ans. Il a admis ne pas avoir su gérer son adolescence et s'est retrouvé dans un cercle vicieux de consommation de stupéfiants. Après un premier passage en prison, il a tenté de redresser sa vie, vivant chez son frère à Paris jusqu'à ce qu'il recontacte son passé en revenant à La Rochelle pour son fils.
« Je savais que je devais rembourser ma dette, mais j'ai craint pour ma famille. »
El Mahdi a rapporté avoir été menacé pour rembourser ses créances, ce qui l'a conduit à recommencer à travailler pour des trafiquants. Malgré ses déclarations, le procureur considère cette défense comme habituelle pour minimiser ses responsabilités.
Un acte de défi envers la justice
Au moment de son arrestation, il était soumis à un contrôle judiciaire pour une autre affaire, portant un bracelet électronique. « Trois doigts d’honneur à la justice », aurait-il rétorqué lors de son interpellation, suscitant l'indignation.
Pour sa défense, son avocat, Me Quentin Loisel, a plaidé en faveur de son maintien sur le territoire français, évitant ainsi un retour dans son pays d'origine, où il ne connaît personne et ne parle pas la langue. En fin de compte, le tribunal l'a condamné à trois ans de prison ferme et à l'interdiction de revenir en Charente-Maritime pour cinq ans.
Cette affaire soulève des questions sur les conditions de vie des jeunes en difficultés et les mécanismes de la justice face à la récidive. Un domaine où des améliorations sont nécessaires, selon des experts du droit.







