Après vingt années de soutien financier pour son voyage entre Bordeaux et Fort-de-France, un fonctionnaire martiniquais se retrouve face à un changement abrupt. À partir de 2024, la prise en charge de son trajet, qui incluait une escale à Paris, ne sera plus assurée, soulevant ainsi une onde de choc perçue comme une véritable injustice.
"Je suis natif de Martinique, où résident ma famille et ma maison, et c'est là que je projette de vivre à long terme. Mon emploi est seulement une étape intermédiaire en métropole," déclare le fonctionnaire, selon un article d'Actu.
Depuis deux décennies, il bénéficiait d'un congé bonifié, un dispositif octroyé aux agents publics habitant dans les territoires d'outre-mer. Ce remboursement annuel de son trajet aller-retour était une mesure présente dans son contrat, facilitant sa connexion avec son pays d'origine.
Cependant, lors de sa demande de remboursement pour l'été 2024, la situation a pris une tournure inattendue. La collectivité a annoncé qu'elle ne couvrirait plus le trajet Bordeaux-Paris, en raison de nouvelles directives d'austérité visant à réduire les coûts. Désormais, seuls les vols directs vers l'outre-mer seront remboursés, excluant tout coût lié aux déplacements préalables sur le continent.
Une plainte, débouté, il fait appel
Le fonctionnaire considère cette décision comme "discriminatoire" et soutient que le trajet Bordeaux-Paris est une obligation, non un choix. En effet, il n'existe plus de vols directs reliant Fort-de-France à la métropole, forçant les voyageurs à effectuer une escale.
Le prix d'un billet aller-retour entre Paris et Fort-de-France varie entre 500 et 700 euros, une dépense que ce fonctionnaire doit maintenant assumer en partie. Après avoir saisi le tribunal administratif en septembre 2024, sa demande a été rejetée. Frustré par cette situation, il a décidé de faire appel et se lance dans une bataille qui pourrait bénéficier à d'autres agents dans la même situation, comme un collègue ayant été également débouté pour un trajet similaire en train.
Cette affaire soulève des questions sur l'équité des décisions administratives et leur impact sur le quotidien des fonctionnaires issus des territoires d'outre-mer, un sujet souvent négligé dans le débat public. Selon un expert en droit public, "la question de l'accès à l'égalité des droits en matière de remboursements de frais de transport pour les fonctionnaires d'outre-mer mérite d'être réévaluée au sein des instances gouvernementales".







