Il est 16h28, ce mercredi 4 mars 2026. Au tribunal correctionnel de Soissons, Christophe Ellul est confronté aux interrogations incisives de Me Guillaume Demarcq, représentant la société de vénerie comme partie civile. "Est-ce que vous admettez, après tous ces éléments d’expertise, qu’il y a une possibilité que ce soit votre chien ?" questionne l’avocat.
La réponse de Christophe Ellul ne se fait pas attendre, empreinte d’émotion : "Je ne vais pas aller plus loin aujourd’hui, il me semble que Curtis est impliqué dans cette tragédie. J’en suis accablé."
La présidente du tribunal, Armelle Radiguet, fait preuve de compréhension tout en tentant d’élucider ce qui s’est passé le 16 novembre 2019, jour où Elisa Pilarski, enceinte de six mois, se promenait avec Curtis. Elle a succombé suite à des blessures graves causées par des morsures.
Un instinct de chasseur
Les médecins légistes ont relevé des plaies multiples sur le corps de la jeune femme, avec des blessures larges sur le cou, la tête et la cuisse. Selon les investigations menées, les analyses sur Curtis et d’autres chiens présents lors de la chasse à courre de cette journée ont convergé vers lui comme le principal suspect.
"Après avoir attaqué, il semblait apaisé, comme s’il avait joué ou accompli une tâche" a indiqué un comportementaliste canin, soulignant les traits de chasse puissants de Curtis, croisement de terriers.

Les experts ont aussi alerté sur le comportement du chien après l'incident. Curtis a mordu à plusieurs reprises après la mort d'Elisa, dont une fois avec une agressivité telle qu’il a nécessite des soins vétérinaires d’urgence. Cela a soulevé des questions sur le manque de précautions de Christophe Ellul concernant la dangerosité potentielle de son animal.
Manque de méfiance
Le 21 novembre 2019, après avoir été promené en laisse, Curtis a attaqué une personne bénévole au refuge où il était pris en charge. Les conséquences ont été telles qu'un vétérinaire a dû intervenir pour le maîtriser. "Il est crucial d’être vigilant, un chien reste un animal", avertit la présidente du tribunal.
Christophe Ellul, accablé, déclare: "Je ne comprends pas, mon chien était docile, je n’ai jamais eu de problèmes auparavant." Pourtant, les juges s’interrogent sur la qualité du dressage subissant un entraînement inapproprié, potentiellement en contradiction avec les lois en vigueur, notamment en ce qui concerne les chiens de type pitbull.
Un dressage mal conduit
Les juges soulignent que le comportement de Curtis pendant les séances d'entraînement suggère qu'il pourrait ne pas faire la distinction entre un humain et une proie. La présidente questionne l’entraîneur sur le vrai objectif des exercices pratiqués avec Curtis.
"Votre formation a été inappropriée, elle n’est pas adaptée à la nature du chien", insiste la présidente du tribunal. Ellul, visiblement accablé par la situation, plaide son ignorance sur certaines pratiques. La question de la responsabilité du maître est cruciale alors que le procès touche à sa fin.
Les débats devraient se conclure ce jeudi 5 mars, avec l’attente d’un jugement en délibéré.







