Le parquet de Créteil a requis une peine de huit mois de sursis pour deux policiers, âgés de 41 et 34 ans, ce jeudi, après qu'ils aient été accusés d'avoir falsifié un procès-verbal concernant l'interpellation de quatre adolescents en mai 2020 à Vitry-sur-Seine, dans le Val-de-Marne.
« Ce procès-verbal n’est pas loyal (...) ils l’ont fait en conscience », a déclaré la procureure, soulignant que les policiers avaient façonné la réalité à leur avantage. Cette situation s'inscrit dans un climat social déjà tendu autour des pratiques policières.
Le cœur du dossier est un document rédigé par un des prévenus, ex-membre de la Brigade anticriminalité (BAC), affirmant que les jeunes avaient été identifiés par une victime de vol à l’arraché.
Au contraire, une enquête de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) révèle que les suspects avaient déjà été en contact avec les policiers lors de l'envoi des photos. La victime, quant à elle, ne s'est jamais déplacée pour les identifier.
« Une coquille »
Presque six ans après les faits, le chef de bord de l'époque a avoué qu'il était difficile de se souvenir avec précision d'un incident si ancien. Les deux policiers persistés à dire qu'ils ne se souvenaient de pas grand-chose. Le rédacteur du PV a affirmé avoir « mal compris » les instructions, allant jusqu'à parler d'une « coquille » dans le document, tout en cherchant à minimiser l'impact de ses actions.
Les jeunes, aujourd'hui dans la vingtaine, ont porté plainte pour des accusations telles que les injures racistes et homophobes, ainsi que la détention arbitraire, qui n'ont pas donné lieu à des poursuites judiciaires. Suite à leur interpellation, ils ont été relâchés sans poursuite.
Cette affaire, ressurgissant en plein débat sur les violences policières, illustre le climat de méfiance envers les forces de l'ordre et le besoin d'une réforme approfondie pour restaurer la confiance parmi les citoyens, alors que le gouvernement prône une « tolérance zéro » contre le racisme et les abus au sein de la police.







