Dans un verdict marquant, un propriétaire de 67 ans a été jugé et reconnu coupable par le tribunal correctionnel de Marseille pour des actes considérés comme indignes envers un jeune locataire. Ce dernier, un jeune Tunisien employé dans le secteur de la restauration, vivait dans une cave de 9 m², accessible par une trappe en fer, laquelle était envahie par des moisissures et dépourvue de fenêtres. Selon l'accusation, il s’agissait d’un véritable « trou à rats ».
Le procès a révélé que, malgré les conditions de vie extrêmes, le jeune homme payait 300 euros par mois pour son logement, un choix peu enviable pour éviter de se retrouver à la rue. « Je ne me sens pas du tout à l’aise dans ce logement, mais c’est tout de même mieux que le foyer », confiait-il aux enquêteurs.
La situation est d'autant plus troublante que, durant l’hospitalisation du locataire, le propriétaire avait exprimé son mécontentement face à la situation : « Comme il est à l’hôpital maintenant, il ne paie plus et, résultat des courses, c’est tout pour ma pomme. » Dans cette affaire, le tribunal a noté que le propriétaire avait acheté ce local, à usage commercial, pour la somme de 15 000 euros en 2010, ce qui lui offrait un rendement de 25 % sur son investissement – un chiffre dénoncé par Me Jorge Mendes Constante, avocat de la ville de Marseille.
Le juge a également tenu compte de l'état de santé mentale du propriétaire, qui a été absent à l'audience, se décrivant comme dépressif et alcoolique. La présidente de la cour, Margaux Kennedy, a souligné qu’il avait exploité la vulnérabilité de son locataire, malgré ses prétentions à vouloir aider. La décision du tribunal n’a pas seulement condamné le propriétaire à deux ans d’emprisonnement avec sursis, mais a également imposé une amende de 20 000 euros, ainsi qu’une confiscation provisoire du local.
Des voix s’élèvent, comme celle de l’association Droit au Logement, pour appeler à une vigilance accrue face aux marchands de sommeil. Selon leurs déclarations, cette affaire n’est qu’un exemple parmi tant d’autres des abus touchant les personnes les plus vulnérables dans le marché immobilier de Marseille. Alors que la ville fait face à une crise du logement, il est crucial de renforcer les réglementations pour empêcher de telles situations.







