Dans la nuit du 31 décembre 2025 au 1er janvier 2026, une quinzaine de véhicules ont été volontairement incendiés dans le quartier d'Étouvie à Amiens, plongeant les habitants dans la consternation. Heureusement, aucun blessé n'est à déplorer, mais le désarroi est palpable.
Les pompiers et les forces de l'ordre sont rapidement intervenus pour éteindre les flammes. Au matin du Nouvel An, les résidents ont découvert les carcasses noircies de voitures, dégageant une forte odeur de plastique brûlé. Mohand, un habitant de longue date, a exprimé son désespoir : "Tu te réveilles le matin de la nouvelle année, et hop, tu n'as plus rien," a-t-il témoigné. Il a également mis en cause les pouvoirs publics pour le déclin du quartier, soulignant le manque de repères pour les jeunes, créant ainsi un environnement propice à de tels actes.
Un autre résident, Hervé, a découvert les dégâts en se rendant à la boulangerie. Il s'interroge sur les motivations derrière ces incendies, se demandant s'il s'agit de vandalismes délibérés ou d'une forme de divertissement pour certains. Ibrahima, un autre habitant, a déclaré : "C'est leur manière d'exprimer leur joie par rapport au Nouvel An. Mais c'est débile." Ces actes de destruction, attribués par certains à une quête de sensations fortes, soulignent un profond malaise dans la communauté.
La situation est encore aggravée par le fait qu'aucun suspect n'a été interpellé jusqu'à présent. Un père de famille, réveillé par le bruit des sirènes, a évoqué sa frustration face à cette dégradation de son quartier, déclarant : "Imaginez, quelqu'un qui se lève tous les matins, qui va bosser, qui achète son véhicule pour le travail, puis il voit que tout a été complètement saccagé. C'est la ruine." Des incendies similaires ont également été signalés à Picquigny, élargissant la portée de cette vague de violence.
Les événements d'Étouvie s'inscrivent dans un contexte plus large de violence urbaine en France, où plusieurs quartiers se retrouvent en difficulté face à un manque d'opportunités. Les experts en sociologie urbaine, comme le sociologue Michel Fize, notent que ces incidents peuvent souvent être le symptôme de problèmes sociaux plus profonds qui doivent être abordés. Zainab, une jeune étudiante en sociologie, souligne que "la jeunesse se trouve souvent à la croisée des chemins, recherchant des moyens d'expression dans des actions destructrices". La municipalité doit prendre conscience de ces enjeux pour éviter que de telles situations ne se reproduisent à l'avenir.







