L'ancien maire de Saint-Étienne, Gaël Perdriau, se retrouve à nouveau devant la cour d'appel de Lyon, six mois après sa condamnation pour chantage à la sextape. Il doit faire face à des accusations de chantage, d'association de malfaiteurs, et de détournement de fonds publics.
Proclamant son innocence, Perdriau sera entendu pendant cinq jours. En première instance, il avait été condamné à cinq ans d'emprisonnement, dont quatre ferme, et à cinq ans d'inéligibilité, ce qui lui a valu d'être incarcéré pendant deux mois cet hiver.
Une vidéo filmée à l'insu de l'ancien premier adjoint
Pierre Gauttieri, ancien directeur de cabinet de Perdriau, n'a pas fait appel après avoir reçu une peine de deux ans de prison. L'ex-maire se retrouvera néanmoins face à deux co-prévenus ayant orchestré la machination, Samy Kéfi-Jérôme et Gilles Rossary-Lenglet, condamnés à trois ans ferme pour avoir piégé l'ancien premier adjoint Gilles Artigues.
Cette vidéo, capturée en 2015, a ensuite été utilisée pour faire pression sur Artigues, qui semblait vouloir s'éloigner des affaires communales après avoir soutenu l'élection de Perdriau.
Gilles Rossary-Lenglet, qui a révélé le scandale à Mediapart en 2022, ainsi que Gauttieri, ont tous deux déclaré que le maire était le commanditaire du tournage, financé par des subventions fictives destinées à des associations locales, révélant ainsi des manœuvres douteuses des fonds publics.
La défense mise sur l'innocence
Le tribunal correctionnel de Lyon avait qualifié les faits d'"extrêmement graves" et indicative d'un manque de dignité et d'exemplarité des élus. L'avocat de Perdriau, Me Jean-Félix Luciani, a affirmé que des erreurs avaient entaché les décisions judiciaires précédentes, soutenant que son client est profondément innocent : "Nous redirons tout simplement qu'il est innocent de tout", a-t-il déclaré.
L'ancien maire admet avoir eu connaissance de l'existence de la vidéo dès 2015, mais assure ne jamais l'avoir visionnée. Il la considère comme une affaire de "jeux" entre "adultes consentants".
Toutefois, la défense de Perdriau sera mise à l'épreuve par des enregistrements audio antérieurs où il semble reconnaître l'impact de cette vidéo sur sa carrière politique. Ses déclarations, effectuées sans son consentement, soulèvent des questions quant à sa version des faits.
Ce procès en appel promet d’être révélateur, d’autant qu’il pourrait apporter de nouveaux éléments à une affaire qui a déjà secoué la politique locale.







