Le tribunal administratif de Limoges a exigé de la mairie de Gouzon la diffusion de deux documentaires, initialement prévus pour le 5 juin, sur le loup et la gestion forestière. Le maire, Cyril Victor, avait tenté d'annuler cette projection, la jugeant trop clivante. Dans ses réquisitions, le tribunal a qualifié cette décision d'"atteinte grave et illégale aux libertés d’expression et de réunion".
La contestation est venue de plusieurs associations, dont la Ligue des droits de l’homme et Carduelis. Ces derniers ont soutenu que l’annulation de la projection était infondée et contraire aux droits fondamentaux des citoyens. Le tribunal a statué que ces œuvres avaient déjà été montrées à plusieurs reprises dans la région sans incident majeur.
Aucun risque de trouble à l’ordre public
Lors de son audition au tribunal, Cyril Victor a avancé que la projection des films présentait un "risque d’atteinte à l’ordre public flagrant", citant des manifestations de syndicats agricoles lors d'événements similaires. Cependant, les juges ont rejeté cet argument, rappelant que les projections antérieures n'avaient pas engendré de troubles notables, tel qu’observé dans d'autres départements comme la Corrèze.
En outre, le tribunal a reproché au maire de ne pas avoir consulté les autorités compétentes avant de prendre sa décision. "En décidant d’interdire la projection, alors qu’aucune circonstance particulière ne permet de tenir pour établi le risque allégué de trouble à l’ordre public, le maire de Gouzon a porté une atteinte grave et manifestement illégale aux libertés d’expression et de réunion," a affirmé le tribunal.
En conséquence, la mairie doit désormais faciliter la projection des documentaires le 5 juin 2026 à 20h et indemniser les associations requérantes à hauteur de 1.200 euros. Cette victoire judiciaire souligne l'importance de la liberté d’expression, un principe fondamental en France, comme le confirme l’expert en droit public, Me Julien Lemaire, qui a déclaré : "Les décisions des autorités publiques doivent toujours se conformer au respect des droits fondamentaux, et ce jugement en est une illustration parfaite."
Malgré ce revers, le maire de Gouzon bénéficie du soutien de certains syndicats agricoles, laissant entrevoir un débat plus large sur la gestion des ressources naturelles et l'impact sociétal des politiques publiques.







