À bord du MV Hondius, une croisière reliant Ushuaïa (Argentine) au Cap Vert a viré au drame. Après deux décès suspects, les autorités n’ont d’autre choix que de refuser l’accostage du navire, dévoilant ainsi l’ombre d’un hantavirus, rappelant des souvenirs troublants du début de la pandémie de Covid-19. C’est l’histoire d’une croisière rêveuse qui s’est transformée en véritable cauchemar.
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« On n'est pas qu'une histoire, nous sommes des humains avec des familles », s’exclame Jake Rosmarin, l’un des passagers du MV Hondius, immobilisé en mer. Le 1er avril, il embarque pour une expédition unique dans les îles isolées de l'Atlantique Sud. Cependant, la nature, qui aurait dû être leur protectrice, devient rapidement une source de péril.
Un passager clandestin, invisible et menaçant, se cache à bord. Après deux semaines, le commandant annonce la terrible nouvelle : un passager néerlandais, âgé de 70 ans, est décédé. Le médecin assure que la situation est sous contrôle et que le virus n’est pas contagieux. Pourtant, Ruhi Çenet, un documentariste présent sur le bateau, percevait déjà le danger. « À cet instant, je pensais que la mort était causée par les conditions climatiques, mais la réalité était bien plus alarmante ».
Des décès et une inquiétude grandissante
Le navire met le cap sur l'île de Sainte-Hélène. Le corps du malheureux est débarqué, mais son épouse, gravement malade, est évacuée vers l'Afrique du Sud, où elle décède à son tour. Les rumeurs commencent à circuler : quel est le véritable poison qui frappe ce couple ? Le 2 mai, un nouvel évènement tragique survient : un autre passager décède à bord. Le diagnostic : syndrome respiratoire aigu, similaire à celui des deux premiers morts. Impossible de ne pas penser au Diamond Princess, ce bateau de croisière coincé au début de l’épidémie de Covid-19.
« Chacun de nous repense à cette situation désastreuse. À l’époque, sur les 3 700 passagers, 700 avaient été contaminés », rappelle David Lefort, journaliste pour franceinfo. Aujourd'hui, le ratio de contaminations est inférieur, mais la panique s’installe à nouveau.
La révélation de l'hantavirus
Dès le 3 mai, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) confirme le coupable : « L’OMS est informée d’un événement de santé publique riguarda un navire de croisière dans l’Océan Atlantique. Un cas d’infection par hantavirus a été confirmé », déclare l’agence. Ce terme devient bientôt un mot clé sur toutes les lèvres.
Philippe Amouyal, professeur de santé publique au CHU de Lille, éclaire la gravité de la situation : « Il existe plusieurs souches de hantavirus. La souche des Andes, en particulier, est transmise d'homme à homme, avec un taux de létalité d'environ 30 à 40 % ».
Une infection d'origine animale ?
Le MV Hondius reste immobilisé près du Cap-Vert, empêché d’accoster. À bord, le stress monte, des équipes médicales sont envoyées pour réaliser des prélèvements. « Nous avons été surveillés par des drones », raconte un passager, révélant la forte tension à bord. David Lefort ajoute : « La contamination peut provenir de rongeurs présents avec nous, ou d’un passager asymptomatique, ce qui complique la traçabilité ».
Une urgence sanitaire et une menace persistante
En attendant, la situation devient critique. Trente passagers quittent le navire le 24 avril, et il devient crucial de les retrouver et de retracer leurs contacts. « C’est une course contre la montre pour contenir ce virus, qui pourrait commencer à s’échapper », avertit David Lefort. Ruhi Çenet, un des passagers évacués, critique l’équipage pour ne pas avoir pris la situation au sérieux dès le premier décès.
Le spectre du Covid-19
Avec l’apparition d’un cas positif sur l'île de l'Ascension le 27 avril, la contagion interhumaine du hantavirus est clairement confirmée. Les souvenirs de 2020 ressurgissent, alors que les témoignages de ceux qui ont vécu la montée du Covid-19 refont surface. Alban Mikoczy, correspondant en Italie, se souvient d'une atmosphère de panique qui régnait alors.
L'OMS se positionne
En 2026, la question demeure : quel pays acceptera d’accueillir le Hondius ? Les Canaries sont envisagées, mais la population locale exprime sa méfiance « Je crains que les passagers apportent le virus ici » s'inquiète une résidente. Pour contrer les craintes, l’OMS contrôle la communication : « Nous devons rassurer, le risque pour le grand public est faible », souligne le Dr Marie Van Kerkhove.
Une évacuation finale vers les Canaries
Enfin, l’Espagne décide d’accueillir le Hondius, mais avec des protocoles stricts pour éviter une éventuelle contamination. Pedro Suarez, président de l'autorité portuaire de Tenerife, précise que les passagers seront débarqués avec un maximum de précautions. Cependant, cette gestion soulève des inquiétudes concernant le bien-être sanitaire des passagers et la santé publique locale.
Les yeux du monde entier sont rivés sur cette évacuation, car le succès de cette opération déterminera l'issue de cette crise. L’évaluation des leçons tirées depuis le début de la pandémie reste une nécessité cruciale pour la santé publique mondiale.







