Le Frac Bretagne (Fonds régional d'art contemporain), basé à Rennes, a annoncé ce mercredi la révocation de son directeur, Etienne Bernard. Cette décision fait suite à des accusations graves, dont un viol évoqué dans une enquête interne, ainsi que des faits qui remontent à 2008, selon un témoignage anonyme relayé par le compte Instagram #MeTooArtContemporain.
La présidente de l'établissement, Madeleine Louarn, a indiqué que ces accusations avaient été prises très au sérieux, justifiant ainsi cette mesure drastique. "Face à la gravité des accusations portées contre M. Bernard, il était impératif d'agir rapidement et de manière responsable," a-t-elle déclaré dans un communiqué officiel.
Cette histoire a profondément secoué le milieu culturel breton. Des tags avaient été découverts sur la façade de l'institution, faisant référence à des actes de violence de genre dans le milieu artistique. Ces graffitis sont survenus après la publication de témoignages anonymes sur le compte Instagram, qui met en lumière plusieurs incidents de violences sexistes et sexuelles dans le secteur de l'art.
Dans le cadre de l'enquête, le Frac a recueilli un certain nombre de témoignages corroborants contre Etienne Bernard. "Nous avons établi une liste de faits graves, rapportés de manière concordante par plusieurs personnes," a précisé le communiqué de l'établissement. Après avoir entendu la version de Bernard, le conseil d'administration a unanimement convenu que la poursuite de son mandat n'était pas envisageable dans ces circonstances.
Le Frac a également signalé ces allégations au Procureur de la République de Rennes, conformément à l'article 40 du Code de Procédure Pénale, car elles pourraient constituer une infraction pénale. L'établissement public n’a pas souhaité faire d'autres commentaires pour le moment.
Cette affaire soulève des questions cruciales sur la sécurité et la transparence dans le monde de l'art, et elle pourrait entraîner un débat plus large sur la façon dont des institutions comme le Frac gèrent des allégations de ce type. Des experts du secteur, comme Nora Hérault, spécialiste en droits des femmes dans l'art, estiment qu'il est essentiel de prendre ces témoignages au sérieux pour éviter que de telles situations ne se reproduisent à l'avenir.







