Ce mardi, l'avocat général a requis une peine de 20 ans de réclusion criminelle contre Jérôme Verin, un ancien boxeur de 42 ans, présent devant la cour d'assises des Pyrénées-Atlantiques à Pau. Il est accusé d'avoir causé la mort d'Éric Courdy, un homme de 58 ans, à la suite d'une agression survenue lors des fêtes de Bayonne le 11 juillet 2024.
La violence de l'agression, avec deux coups de poing portés en plein visage, a entraîné la mort de la victime, qui a succombé le 16 juillet à l'hôpital de Bayonne après avoir été transporté dans un coma.
Au cours de l'audience, l'accusation a souligné qu'il n'existait pas d'intention délibérée de donner la mort. "Il y a eu trop de mensonges et de manipulation", a déclaré Jeanne François, l'avocate générale. Malgré les antécédents de Jérôme Verin, qui avait déjà été condamné pour d'autres actes violents, les raisons de l'altercation demeurent floues.
Verin a tenté d'expliquer son acte comme un reflexe à des propos racistes tenus par la victime, mais il s'est finalement rétracté lors de l'audience. Cette défense a été discréditée par les témoignages des personnes présentes, qui n'ont pas corroboré son récit. Cela représente une stratégie de défense qui a échoué face aux preuves présentées.
Des avocats émus par le témoignage de la famille
Les avocats des parties civiles ont exprimé la douleur de la famille d'Éric Courdy. Me Marion Duhalde a insisté sur l'humanité de la victime, déclarant : "Ce n'est pas simplement une bagarre, mais une illustration de la dangerosité de Verin, qui a agi avec une rage inacceptable." Son collègue, Me Alain Astabie, a ajouté que les conséquences pour la famille étaient dévastatrices. "Un boxeur qui sait comment frapper choisit de s'attaquer à la tête, et cela a causé une tragédie insoutenable pour des innocents.", a-t-il précisé.
Les mots du Dr Thierry Della, expert psychiatre, ont également pesé sur le cours du procès. Il a attesté de la responsabilité pleine et entière de l'accusé, notant son incapacité à gérer la frustration. "Aucun traitement ne peut rectifier une telle personnalité qui reconnaît qu'il referait ses actes. Cela doit inquiéter," a conclu l'expert.
L'émouvant témoignage de la maman de la victime
Le point culminant de cette audience fût les larmes de la mère d'Éric Courdy, âgée de 80 ans, exprimant sa souffrance avec des mots déchirants. "On ne se remet jamais de la mort d'un enfant. Je vous tiens pour responsable," a-t-elle déclaré, touchant profondément tous les observateurs présents. Elle a partagé le chagrin d'avoir perdu son fils et, cinq jours plus tard, sa fille. Ce moment a révélé l'impact personnel de ce drame, employant un silence douloureux dans la salle.
Le procès s'achemine maintenant vers la phase de la défense, avec Me Nicolas Pulido, qui devra s'armer de solides arguments dans une affaire où les émotions et la légalité s'entremêlent dangereusement.







