Moins de deux mois après sa réélection, Vincent Chauvet, le maire d'Autun, était convoqué devant le tribunal de Chalon-sur-Saône ce lundi en tant que victime dans une affaire d'outrage à personne dépositaire de l'autorité publique. En son absence, son avocat a pris la parole lors de cette audience.
Accusations de corruption
Ce procès fait suite à des événements survenus le 18 mars 2025, lorsqu'Ammar Boukri, un artisan de 52 ans, a interpellé des policiers municipaux près de son domicile à Couhard, se plaignant de l'absence de verbalisation pour des véhicules mal stationnés. Exprimant sa colère, il a traité le maire de "voyou" et l'a accusé d'avoir "corrompu sa police" et "détourné de l'argent public". De tels propos ont valu à M. Boukri de comparaître pour outrage, mais les débats ont rapidement élargi leur portée, dépassant le cadre strict des injures.
Bien que M. Boukri n'ait pas nié ses accusations, ayant même enregistré celles-ci via une caméra-piéton, il a expliqué que ses propos visaient à dénoncer l'absence de mesures face au stationnement illicite. "Je conteste tout arrêt de verbalisation, car le maire a donné des instructions pour ne pas verbaliser" a-t-il clamé, tenant un dossier contenant des éléments qu'il jugeait à l'appui de ses dires.
Cinq témoins cités à comparaître, dont le député Dutremble
L'audience a été marquée par la présence de cinq témoins, parmi lesquels le député Rassemblement national Aurélien Dutremble, adversaire politique de M. Chauvet. Celui-ci avait publié une vidéo accusant le maire d'avoir tenté d'annuler un PV à son encontre. D'autres témoins, dont un ancien responsable de la police municipale, ont également attisé le débat en évoquant des orders de verbalisation qu'ils auraient reçus.
Aucune instruction de ma part
Les témoins entendus, comme le policier responsable du PV, ont tous affirmé ne pas avoir reçu d'instructions pour ne pas verbaliser dans cette rue, soulignant les enjeux d'un stationnement problématique. Ils ont également admis que le maire n'était pas directement impliqué dans la gestion quotidienne de ces problèmes.
Vincent Chauvet en a marre que son nom soit sali
Lors de la plaidoirie, l'avocat de la partie civile, Me Arnaud Bibard, a déploré l'instrumentalisation de la justice par M. Boukri, affirmant que l'audience visait principalement à discréditer le maire. Il a demandé au tribunal d'évaluer la gravité de la situation pour une personnalité politique, introduisant une demande d'indemnisation pour préjudice et frais d'avocat.
Une question d'intention
De son côté, l'avocat de M. Boukri a argumenté que son client ne cherchait pas à outrager, mais à faire respecter la loi. Le procureur, tout en se tenant sur la ligne de l'outrage, a requis une amende de 2.000 euros et un stage de citoyenneté, laissant le jugement en délibéré jusqu'au 28 mai 2026.







