Une centaine d'individus se sont réunis ce dimanche après-midi devant le commissariat de L’Ariane à Nice, matérialisant une marche à la fois calme et chargée d’indignation en faveur de Sabri, 22 ans, qui a été agressé en avril par deux CRS hors service.
Des habitants, des militants et des membres du collectif antiraciste 06 ont ainsi exprimé leur soutien, scandant des slogans contre les violences policières. Ils dénoncent l’agression dont a été victime ce jeune homme du quartier, roué de coups dans la nuit du 22 avril.
Cette agression a fait le tour des réseaux sociaux, suscitant de vives réactions. Le soir de l’incident, des vidéos diffusées en ligne montrent la violence des faits, révélant que les policiers, alcoolisés au moment des faits, ont été identifiés. Actuellement sous contrôle judiciaire, ils sont interdits de porter une arme et de revenir à Nice, avec un procès prévu pour le 1er juin.
Sur place, les manifestants insistent sur le fait que leur mouvement ne vise pas la police dans son ensemble, mais plutôt des comportements qu’ils jugent inacceptables. Beaucoup évoquent une profonde rupture de confiance entre les forces de l’ordre et les résidents des quartiers populaires.
Une représentation de la violence subie au quotidien
Zohra, membre du collectif antiraciste, témoigne de l’impact des images de l’agression : "Voir ce jeune traîné au sol, frappé… c’est une représentation des violences auxquelles luttent les jeunes dans notre secteur. C’est inacceptable." Elle appelle à une réponse judiciaire exemplaire : "La violence doit être sanctionnée. La loi doit s’appliquer à tous, policiers compris."
Ayoub, 23 ans, ami de Sabri, participe à sa première marche et exprime son malaise face à cette situation : "Il y a un contrat moral entre nous et l’État. La police est censée nous protéger, mais aujourd’hui, ce contrat est rompu. Je veux que justice soit faite pour mon ami."
Au terme de leur marche, les manifestants déposent des faux billets de 100 euros devant la caserne des CRS, un geste symbolique soulignant les sommes que les policiers auraient exigées de la victime.







