Trois individus, dont un entrepreneur, ont été interpellés le 16 avril dernier, soupçonnés de travail dissimulé et de traite d'êtres humains par l'Office de lutte contre le trafic illicite de migrants (Oltim) à Perpignan, comme le rapporte ICI Roussillon. Les suspects sont accusés d'avoir exploité et maltraité des migrants sans papiers dans les Pyrénées-Orientales et en Haute-Garonne.
Selon les premières investigations, ces écarts de conduite touchent un restaurant à Canet-en-Roussillon et une exploitation agricole à Saint-Hippolyte, ainsi qu'un autre restaurant situé à Saint-Alban, précise le parquet. Lors des arrestations, huit personnes ont été identifiées comme employées illégalement, dont la plupart n'étaient pas déclarées.
Des conditions de travail inhumaines
Un ancien employé a témoigné d'actes de violence et a décrit les conditions de vie déplorables des travailleurs, vivant dans des logements clandestins. Par ailleurs, l'Uracti (Inspection du travail) a relevé des situations d'insalubrité dans les différents établissements, avec, par exemple, l'absence d'eau potable et de fourniture électrique dans l'exploitation agricole, selon les déclarations du procureur à ICI Roussillon. Certains employés étaient rémunérés à des taux dérisoires, s'élevant à seulement 2 euros de l'heure.
Au cours des perquisitions, les forces de l'ordre ont saisi 14 500 euros en liquide, un véhicule de marque Porsche, un scooter, ainsi que trois téléphones portables. Des armes à feu ont également été découvertes sur place.
Les trois suspects ont été présentés au parquet et placés sous contrôle judiciaire en attendant leur procès. Ils sont poursuivis pour "aide au séjour en bande organisée", "travail dissimulé en bande organisée", "traite d'êtres humains", "violences avec arme", et "détention illégale d'armes". Le jugement est prévu pour le 11 juin prochain.







