L'Observatoire International des Prisons (OIP) a plaidé ce lundi 20 avril devant le tribunal administratif de Lille pour des mesures urgentes concernant la prison de Béthune. Julien Bocquet, avocat de l'OIP, a souligné les conditions dégradantes auxquelles font face les détenus, telles que la présence de moisissures, de rats et de punaises de lit, ainsi que le manque d'intimité dans les espaces sanitaires.
"La prison de Béthune est abandonnée par le Ministère de la Justice", a déclaré l'avocat. En effet, cette maison d'arrêt, qui reçoit des détenus en attente de jugement ou purgeant des peines courtes, accueille actuellement 406 individus pour seulement 177 places, soit un taux de surpopulation alarmant de 232%.
L'OIP a mis en avant les conditions de vie indignes qui prévalent dans cet établissement pénitentiaire. Les descriptions sont particulièrement inquiétantes : présence de moisissures, infestation de rongeurs, fuites d'eau et séparation rudimentaire des toilettes dans des cellules surpeuplées. Des douches partagées sans séparation visuelle et l'absence de rangement dans les cellules aggravent encore la situation.
Lors de l'audience, la représentante de l'administration pénitentiaire du Grand Nord a reconnu en grande partie les problèmes soulevés. Cependant, elle a précisé que des travaux ont déjà été réalisés et que d'autres étaient en cours, ajoutant que la prison n'a pas la possibilité de refuser les détenus et ne bénéficie pas des fonds nécessaires pour améliorer les infrastructures.
Le tribunal administratif doit rendre sa décision sur cette affaire d'ici la fin de la semaine, soulevant des attentes concernant l'avenir des conditions de vie des détenus à Béthune.







