Josiane Frétier, ancienne déléguée CGT des Forges de Tarbes, est traduite en justice par Europlasma, le propriétaire du site, pour "atteinte à la réputation" de l'entreprise. Ce procès, prévu en avril à Bordeaux, soulève des interrogations sur les répercussions de la liberté d'expression syndicale.
Depuis l'acquisition des Forges de Tarbes en 2021, Europlasma a été l'objet de critiques croissantes, notamment après le licenciement abrupt du directeur de la Fonderie de Bretagne. Les commentaires de Frétier, relayés par des médias tels que Ouest-France, le Télégramme et le Point, émettent des doutes quant à la gestion de l'entreprise et son engagement envers la pérennité des emplois.
Des voix s'élèvent au sein des syndicats, comme celle de José Navarro de la CGT Finances publiques, qui qualifie cette action de "procédure-bâillon", dénonçant une tentative d'intimidation pour dissuader d'autres critiques. Selon lui, après l’abandon des engagements pris par Europlasma, l’usine a produit seulement 70 000 corps d'obus sur les 150 000 prévus, et affichait un déficit de 3 millions d’euros pour 2024. La situation a entraîné une réduction des équipes et une suspension des contrats intérimaires.
Le comité social et économique a d’ailleurs activé un droit d'alerte à cause d'un manque de transparence sur les nouvelles commandes. Le directeur d’Europlasma, Jérôme Garnache-Creuillot, a réagi en affirmant que les déclarations de Frétier risquaient de mettre en péril des offres de reprise pour d'autres sites en difficulté, comme Novasco.
Pour renforcer le soutien à Josiane Frétier, la CGT a lancé une pétition et a insisté sur le rôle vital des syndicats dans la protection des droits des travailleurs. De plus, Frétier sera entendue par une commission d'enquête parlementaire sur l'impact des fonds spéculatifs sur l'industrie, ce qui pourrait révéler encore plus de ramifications concernant la gestion d'Europlasma dans le secteur industriel.







