La Colombie-Britannique prend les devants en poursuivant OpenAI, la société à l'origine de ChatGPT, pour ne pas avoir alerté la police des messages violents échangés par l'auteure de la fusillade de Tumbler Ridge survenue en février dernier.
Niki Sharma, responsable de la justice pour la région, a déclaré à la presse que l'objectif de cette action est de "tenez l'entreprise et ses dirigeants responsables". Elle a également fait appel à des avocats tant au Canada qu'en Californie pour garantir une lutte juridique efficace.
Elle a exprimé : "Nous devons cela aux victimes et à leurs familles. Bien que cela prenne du temps, notre engagement est ferme."
Un profil détecté mais pas signalé
Le 10 février, Jesse Van Rootselaar, une jeune femme transgenre, a perpétré l'impensable en tuant sa mère et son demi-frère avant d'ouvrir le feu dans son ancien collège-lycée, causant la mort de cinq enfants et d'une éducatrice avant de se donner la mort. Cette tragédie a choqué le Canada, généralement épargné par des actes de cette gravité.
Peu après l'incident, OpenAI a révélé avoir détecté un profil à risque dès juin 2025, suite à des échanges violent avec ChatGPT. Toutefois, ils se sont limités à suspendre le compte et n'ont pas informé la police. L'entreprise justifie cette décision en affirmant que les interactions n'indiquaient pas suffisamment de crédibilité pour signaler une menace imminente.
Des représentants d'OpenAI ont ensuite été convoqués à Ottawa pour rendre compte de leurs procédures de sécurité. Le PDG, Sam Altman, a exprimé ses regrets, déclarant être "profondément désolé" de ne pas avoir alerté les autorités.
Huit plaintes contre OpenAI
Malgré les excuses présentées, les familles des victimes ne restent pas silencieuses. En mars, la famille d'une jeune victime a déposé une plainte pour négligence. Sept autres actions ont été lancées en Californie, pointant la responsabilité d'OpenAI.
Les avocats représentant les plaignants affirment qu'OpenAI a choisi de ne pas alerter la police, craignant que cela n'engendre une vague de signalements similaires. Ils soulignent également que, suite à une suspension de compte, OpenAI fournit aux utilisateurs des instructions pour continuer leur activité, incluant le conseil de créer un nouveau compte avec une autre adresse e-mail.
Interrogé sur la situation, un porte-parole d'OpenAI a précisé que l'entreprise a renforcé ses mesures de sécurité pour mieux répondre à des comportements suspects. "Nous avons une politique de tolérance zéro concernant l'utilisation de nos outils pour des actes violents", a-t-il assuré.
Cette affaire canadienne s'inscrit dans un contexte plus large. Aux États-Unis, un procureur de Floride a également ouvert une enquête en avril sur le rôle d'OpenAI dans une fusillade, où des conversations entre ChatGPT et le tireur suggéreraient une aide directe dans la planification de l'attaque.







