Justice à l'épreuve : le procès des responsables de Finaxiome s'intensifie

Des victimes en colère face à des prévenus qui nient toute implication. Le procès s'intensifie.
Justice à l'épreuve : le procès des responsables de Finaxiome s'intensifie

Le procès des quatre anciens dirigeants de la société immobilière Finaxiome, accusés d'avoir mis en péril des centaines de ménages, se déroule actuellement au tribunal correctionnel d'Amiens. Les parties civiles, après quinze ans de procédures sans issue, n'ont qu'une attente : enfin obtenir justice. Le premier accusé, entendu lundi, a fermement nié toute forme d'escroquerie.

« Je souhaite un jour pouvoir dire à mes petits-enfants que notre société repose sur une certaine éthique, où les fraudeurs sont punis », a exprimé Iskander Samaan, l'un des 300 plaignants. Sa colère est palpable face aux « méthodes dévastatrices » employées par le groupe Finaxiome.

Âgé de soixante ans, M. Samaan a partagé son expérience amère : tenté par une offre commerciale alléchante pour un appartement sur plan, il s'est retrouvé face à de nombreux retards de livraison et à des dettes cumulées, évaluant sa perte à environ 200 000 euros.

Les accusés, tous en costume, sont jugés tout au long de la semaine, et des accusations graves pèsent sur eux : escroquerie, perception anticipée de fonds et recel de biens. Les avocats de la défense ont, sans succès, tenté de faire annuler certains documents de la procédure.

Finaxiome, fondée en 2003 et liquidée en 2012, a construit plus de 80 résidences en France et vendu des milliers de lots à des particuliers en vantant des mesures de défiscalisation. Cependant, dès 2006, la société a commencé à rencontrer des problèmes financiers et aurait recouru à un système illégal, empruntant des fonds collectés pour des projets à venir pour couvrir ses propres dettes. La présidente du tribunal estime le préjudice total autour de 15 millions d'euros.

L'ex-directeur des travaux, premier prévenu à témoigner, a déclaré n'avoir pas été informé des fausses attestations de progression des chantiers, malgré sa signature électronique. Selon lui, il s'agissait d'un système automatique trop complexe à surveiller. Ses déclarations ont été reçues avec scepticisme par l'assistance, composée de parties civiles indignées.

Martine Coustre, une retraitée du Pas-de-Calais, a relaté que son investissement dans un package « clé en main » n'a abouti qu'à des désillusions : un « chantier fantôme », des difficultés à louer son bien et impossibilité de le revendre à un prix raisonnable.

Pour elle, ce procès est une lueur d'espoir pour obtenir une compensation et se libérer des dettes causées par Finaxiome. Elle déplore que les prévenus aient littéralement « ruiné des vies ».

Les avocats des prévenus, en réponse aux accusations, prévoient de plaider non coupables. Me Patrick Maisonneuve, représentant l'ex-directeur des travaux, admet des « défauts » dans la gestion mais rejette toute intention frauduleuse. D'autres avocats soutiennent que les difficultés rencontrées par Finaxiome découlent de facteurs externes, citant notamment la crise financière de 2008 et des changements législatifs affectant leur modèle économique.

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