Le ministre de la Ville et du Logement, Vincent Jeanbrun, a présenté mercredi une série de mesures innovantes destinées à améliorer la résistance des logements face aux canicules. Ces décisions, répondant à une demande pressante alors que la France est frappée par une nouvelle vague de chaleur, visent à rendre les habitats plus confortables et à diminuer leur impact thermique.
Ce plan, baptisé "plan endurance", intervient en parallèle du bilan du Plan national d'adaptation au changement climatique (PNACC), alors que le pays se prépare à un réchauffement climatique provoquant des augmentations de température pouvant atteindre 4°C d'ici la fin du siècle. Jeanbrun a souligné l’urgence de la situation : "Plus d'un logement sur trois est comparable à une bouilloire thermique. La canicule n’est plus seulement une question météo, mais aussi une question de justice sociale," a-t-il déclaré lors d'un point presse.
Parmi les mesures annoncées, un amendement sera introduit dans le projet de loi de relance du logement. Ce dernier permettra aux copropriétés de voter à la majorité simple des travaux de rénovation significative. Celles-ci pourront également bénéficier de fonds pour financer l’installation de protections solaires, de volets et de brasseurs d’air.
La TVA sur les pompes à chaleur réversibles air/air sera réduite à 5,5%, contre 20% précédemment, facilitant ainsi leur accès. Le ministère de la Transition écologique a également précisé que le confort d’été sera systématiquement pris en compte dans les projets d’Anru 3 dans les quartiers prioritaires.
À partir de 2025, les protections solaires et brasseurs d'air seront éligibles à MaPrimeRénov' pour les rénovations d'ampleur dans le parc résidentiel privé. Cela témoigne d’un engagement fort vers des logements plus écoresponsables.
"La climatisation a un rôle à jouer, mais elle devra être précédée d’initiatives moins énergivores," a rappelé Jeanbrun, qui a également insisté sur l’importance d’incorporer davantage d’espaces verts dans les villes, ainsi que d'augmenter les capacités géothermiques et de réseaux de froid d’ici 2040.
Concernant le logement social, le ministre a annoncé un recensement des fragilités liées à la chaleur. Les bailleurs auront la responsabilité de garantir que toutes les rénovations financées par la Caisse des dépôts prennent en compte le confort d’été.
Pour les logements neufs, une révision de l’indicateur de confort d’été sera mise en œuvre afin de synchroniser les normes avec la réalité climatique. Un décret devrait être publié avant le 1er janvier 2027.
Cependant, la réaction des associations comme la Fondation pour le logement des défavorisés n'a pas tardé. Elles regrettent la timidité des annonces et appellent à des mesures plus concrètes. "Loin d’être une avancée majeure, ces nouvelles règles semblent s’inscrire dans la continuité de la stratégie existante, sans véritable innovation," a déclaré un représentant.







