Le 19 mai, la préfecture de Paris a pris une décision marquante en régularisant neuf coiffeuses du boulevard Saint-Denis, qui luttaient depuis début mars contre leur employeur. Élie Joussellin, secrétaire de la section PCF du 10e arrondissement, a déclaré : « C’est une très belle victoire. Elles vont pouvoir enfin profiter de leurs droits. »
Ces travailleuses, en situation irrégulière, avaient déclenché une grève le 3 mars pour dénoncer les abus dont elles étaient victimes. Sous la direction d'un gérant peu scrupuleux, elles étaient contraintes de verser 250 euros en espèces pour obtenir leur fiche de paie, un document pourtant essentiel pour leurs démarches administratives. Selon L’Humanité, certaines se plaignaient même de ne recevoir qu'une rémunération dérisoire, déconnectée de leurs heures réelles de travail. "Mon patron ne me déclare que deux heures par jour", témoignait Fofana.
Le sénateur PCF Ian Brossat avait également soutenu ces coiffeuses durant leur grève, évoquant un scandale : "À ma connaissance, ce racket est une première. C’est un scandale, le patron abuse sans vergogne de la vulnérabilité de ces femmes."
Une zone de non-droit social
Élie Joussellin a noté que la préfecture aurait reconnu la possibilité de traite d'êtres humains à laquelle étaient exposées ces travailleuses. Néanmoins, il tempère : "Cette victoire n’est que le début du commencement. Nous espérons qu’elles récupéreront l’argent qui leur est dû par les prud’hommes." Ce combat s'inscrit dans la continuité de celui mené par les coiffeuses du 57 boulevard de Strasbourg en 2014 et 2015.
Pour Joussellin, "le boulevard de Strasbourg Saint-Denis est une zone de non-droit social." Il espère que cette victoire incitera d'autres travailleurs à revendiquer leurs droits. Le salon de coiffure concerné est désormais fermé, suite à une liquidation judiciaire.







