Selon des données dévoilées par le ministère de l'Intérieur, la France a enregistré pas moins de 453.200 "atteintes numériques" en 2025, marquant une augmentation significative de 27% par rapport à 2024, année où l'attention médiatique était déjà portée sur la sécurité avec les préparatifs pour les Jeux Olympiques de Paris. Sur une période de cinq ans, les atteintes numériques ont grimpé de 87%. Cette tendance inquiétante met en évidence la tactique évolutive des cybercriminels.
Moins de rançongiciels mais plus d'attaques DDoS
Les données révèlent également que 116.695 signalements de fraudes en ligne ont été déposés, tandis que 231.853 ont été soumis pour des contenus illicites via la plateforme Pharos. Les fraudes par carte bancaire sont également une préoccupation croissante. Étonnamment, les rançongiciels, qui avaient connu une explosion dans le passé, ont diminué de 19% cette année, favorisant un changement de stratégie chez les cybercriminels, indique le rapport.
L'agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI) a enregistré 1.347 revendications de cyberattaques en 2025, une hausse par rapport aux 1.062 de 2024. L'attaque par déni de service (DDoS) est désormais la méthode la plus courante, souvent orchestrée par des groupes affiliés à des États tels que la Russie ou l'Iran.
Une menace croissante, même pour les jeunes
Le rapport met en lumière la "démocratisation" de la vente de données volées. Des forums et des groupes Telegram accessibles à tous encouragent l'implication de jeunes opportunistes, attirés par des gains rapides. C'est ce qui a conduit à l'arrestation d'un adolescent de 15 ans dans le cadre du piratage de l'ANTS. Ces jeunes hackers, parfois inexpérimentés, cherchent à se faire un nom dans le monde du cybercrime.
En réponse à cette montée des cybermenaces, le gouvernement français projette d'intensifier son action. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a récemment annoncé un plan ambitieux, incluant une rallonge de 200 millions d'euros pour renforcer la sécurité numérique nationale. Cela inclut la création d'une "autorité numérique de l'État" dédiée à anticiper les cyberattaques. Le projet vise à intégrer de l'intelligence artificielle pour détecter les failles potentielles dans les systèmes critiques du pays, une initiative jugée cruciale pour protéger les citoyens et les institutions face à une menace qui ne cesse de croître.







