BlaBlaCar a officiellement annoncé le 3 octobre son intention de stopper son service de transports en autocar, BlaBlaCar Bus, en raison de pertes financières inscrites dans son bilan. Cette décision laisse la voie libre à son principal concurrent, Flixbus, sur le marché français.
Dans un communiqué, la plateforme de covoiturage a expliqué : "BlaBlaCar a lancé un projet pour cesser son activité en tant qu'opérateur de bus en France, en raison des défis économiques structurels qui affectent cette branche." Ce choix, bien qu'attendu par certains observateurs, soulève de nombreuses interrogations.
L'entreprise prévoit la suppression de 40 postes, une mesure qui fait partie de son effort pour réduire des pertes d'exploitation majeures et continues. Ces mesures auront également un impact sur les lignes exploitées par des partenaires sous-traitants, qui se retrouvent désormais dans l'incertitude.
BlaBlaCar compte recentrer ses activités et renforcer sa position de marketplace en soutenant les autocaristes indépendants qui souhaitent continuer à proposer ces lignes. Malgré cette réorientation, la vente de billets ainsi que les liaisons resteront opérationnelles pour le moment.
Depuis ses débuts dans les années 2000, BlaBlaCar a su diversifier ses services, notamment par l'acquisition d'Ouibus auprès de la SNCF en 2019. Selon les données de 2025, la marque desservait 350 destinations et prévoyait d'accueillir 18 millions de passagers, en concurrence directe avec Flixbus.
Cependant, des tarifs attractifs, essentiels pour attirer une clientèle jeune et économiquement moins aisée, mettent en danger le modèle économique de cette entreprise. En effet, une étude montre que deux tiers des utilisateurs de BlaBlaCar Bus ont moins de 35 ans, attirés par des trajets à bas prix. La ligne Paris-Lille, bien que populaire, souffre d’une concurrence féroce avec le TGV, qui, malgré son coût, propose un temps de trajet largement plus réduit.
L’Organisation des transporteurs routiers européens (OTRE) a exprimé sa préoccupation quant à cette annonce. "Cette décision inattendue pourrait avoir des répercussions significatives pour environ soixante transporteurs actifs sous la marque BlaBlaCar Bus," a souligné l’OTRE dans un communiqué, appelant à une transparence totale sur les prochaines étapes.
L’OTRE appelle également à un soutien accru pour les transporteurs partenaires afin de sécuriser leur avenir et leur emploi, alors que le marché des autocars en France, libéralisé depuis 2015 grâce à la loi de croissance initiée par Emmanuel Macron, connaît des bouleversements majeurs.







