La lutte entre les chaînes de télévision telles que TF1, M6, et France 2 et des plateformes numériques comme YouTube commence à s'intensifier. Alors que des services de SVOD ont commencé à s'adapter en finançant la production française, YouTube est maintenant dans le viseur des dirigeants de l’audiovisuel, selon des informations rapportées par Politico. Rodolphe Belmer, le directeur général de TF1, qualifie la situation actuelle d'"intenable".
YouTube et le financement de la création française
Belmer souligne l'importance de faire en sorte que Google, qui possède YouTube, respecte les même règles que les chaînes de télévision. Selon lui, "cela doit passer par une régulation stricte de leur modèle d'affaires". Il explique que "contrairement à nous, ils ne supportent pas de réglementations publicitaires et ils n'investissent pas dans la préproduction des œuvres". Cela leur permet de pratiquer des coûts publicitaires très bas, rendant la compétition difficile pour les chaînes traditionnelles.
En effet, alors que TF1 doit gérer des frais fixes en matière de production et de diffusion d'informations, YouTube ne s'engage pas financièrement dans les contenus produits sur sa plateforme. Bien que la plateforme ne soit pas comparée à des services comme Netflix, qui investissent activement dans des contenus originaux, son influence sur le paysage médiatique reste incontournable.
Belmer rappelle que YouTube a une audience jeune, notamment pour des contenus d'animation, et appelle à ce que la plateforme investisse davantage dans la création européenne. "Ce ne serait pas insensé que des obligations d’investissement dans l’animation soient mises en application", a-t-il déclaré.
La réponse de YouTube
En réponse, un porte-parole de YouTube a affirmé que la plateforme est déjà soumise à une forte réglementation, citant la législation européenne en place, comme le Digital Service Act (DSA). Ils soutiennent que la plateforme ne produit pas de contenus, ce qui les rend exemptés de toute obligation de financement.
Alors que la concurrence s'intensifie, le débat sur la régulation de YouTube pourrait façonner l'avenir des médias en France. Selon une étude de l'Arcom, 67% des utilisateurs de YouTube visionnent désormais leurs vidéos sur leur télévision, ce qui témoigne d'un changement profond dans les habitudes de consommation. En l’espace de dix ans, le nombre de téléspectateurs de TF1 a été divisé par deux voire trois selon Médiamétrie. Les chaînes doivent-elles adopter un nouveau modèle pour survivre dans cette nouvelle ère numérique?







