Suite à la crise sanitaire, l’Agirc-Arrco a signalé un déficit de 4,8 milliards d’euros pour l'année 2020, alors que le régime de retraites complémentaires venait juste de revenir à l'équilibre un an auparavant. L'épidémie de COVID-19 et ses conséquences sur l'emploi ont causé un revirement dramatique, affectant particulièrement les cotisations des salariés du secteur privé.
Une baisse des ressources alarmante
En un an, les revenus de l'Agirc-Arrco, correspondant aux contributions des travailleurs et des employeurs, ont chuté de 5,5 %, entraînant une perte de 3,9 milliards d’euros. Ce manque à gagner est en grande partie dû à la mise en chômage partiel de 8,8 millions de salariés, qui, bien que conservant leurs droits à la retraite, ont vu leurs cotisations diminuer. Pendant la même période, les dépenses en pensions ont, elles, augmenté de 2,8 %, atteignant ainsi 85,4 milliards d’euros. Ce déséquilibre entre recettes et dépenses a résulté en un "déficit technique" de 6 milliards d’euros, partiellement compensé par 1,2 milliard provenant des investissements réalisés avec les réserves de sécurité du régime.
Les réserves en question
Pour contenir ce déficit, l’Agirc-Arrco a utilisé une partie de ses 65 milliards d'euros de réserves financières, initiées pour des circonstances exceptionnelles. À la fin de l'année 2020, il restait 61 milliards d'euros de réserves, représentant environ neuf mois de pensions à verser. Didier Weckner, le président du régime, se veut optimiste, soulignant ces "bases solides" pour affronter les défis à venir.
En 2015, les partenaires sociaux avaient déjà mis en place des mesures drastiques pour reconstituer les réserves, comme le gel des pensions pendant plusieurs années. Récemment, de nouveaux malus de 10 % sur trois ans ont été instaurés pour les nouvelles retraites, afin d'encourager les travailleurs à prolonger leur carrière. Pour garantir la pérennité du régime, les réserves accumulées doivent impérativement rester au-dessus de six mois de pensions sur une période de quinze ans. François-Xavier Selleret, directeur général de l’Agirc-Arrco, rappelle qu'un système de retraite nécessite une vision à long terme, et que les acteurs du régime suivent attentivement les évolutions économiques de 2021, dans l'espoir d'une reprise rapide, anticipée par la Banque de France.







