A la suite du décès de son partenaire, l'époux survivant peut solliciter une pension alimentaire auprès des héritiers du défunt s'il éprouve des difficultés financières pour subvenir à ses besoins. Cette pension est alors prélevée sur la succession du défunt. Quelles sont les conditions à remplir et les étapes à suivre pour faire une telle demande ? Que faire si les héritiers refusent ?
Conditions requises pour demander une pension alimentaire
Il n'est pas exceptionnel que l'époux survivant se retrouve dans une situation financière précaire après la perte de son conjoint. Il a alors la possibilité de réclamer une pension, souvent désignée comme "créance alimentaire sur la succession". Voici trois critères à respecter :
- État matrimonial : L'époux doit être légalement marié au moment du décès et ne pas avoir divorcé. Même en cas de séparation de corps, la demande est valable tant que le mariage est maintenu.
- Besoins financiers : L'époux survivant doit prouver qu'il est dans une situation de précarité financière, ne pouvant pas assurer sa subsistance au moment du décès.
- Preuve de la situation : Il est impératif de fournir des éléments attestant de la condition financière précipitée dans laquelle il se trouve.
Il est essentiel de noter que l'époux survivant ne peut pas revendiquer cette pension s'il se retrouve dans une situation financière difficile seulement après le décès.
Démarches à entreprendre pour obtenir la pension alimentaire
Pour faire la demande, l'époux survivant dispose d'un délai d'un an à partir de la date du décès pour contacter les héritiers. Si la succession est en indivision, ce délai se prolonge jusqu'à la répartition des biens.
En vertu de l'article 767 du Code civil, la pension alimentaire est un droit reconnu. Même un testament ne peut pas empêcher ce droit d'être exercé. Si les héritiers acceptent, le montant de la pension, calculé par le juge aux affaires familiales, sera prélevé sur la succession, après le paiement des dettes. Tous les héritiers sont concernés, et le versement de la pension n'affecte pas leurs biens personnels.
Cependant, si les héritiers refusent de verser cette aide, l'époux survivant a la possibilité de saisir le tribunal de grande instance pour que le juge décide de l'attribution de la pension. Le juge pourra également déterminer le montant à verser.
Il est important de noter que le montant de la pension versée peut être révisé régulièrement, en fonction des variations des revenus de l'époux survivant. Si ce dernier n'est plus considéré comme étant dans le besoin, la pension peut être arrêtée.
En cas de cessation volontaire du versement par les héritiers, ce qui constitue un délit pouvant entraîner des sanctions pénales, l'époux survivant aura un an après cette interruption pour demander à nouveau le versement de sa pension alimentaire.







