Au troisième trimestre 2023, la France a enregistré plus de 5 millions de chômeurs, représentant une augmentation d'environ 64 000 personnes par rapport au trimestre précédent. Pour certains, cette période de chômage peut n'être que temporaire, mais pour d'autres, elle entraîne des difficultés financières considérables. L'allocation chômage, qui représente environ 60 % du dernier salaire, peut rendre la gestion des dettes et des crédits très compliquée. Voici quelques moyens de faire face à cette situation difficile.
1 - Reporter ou moduler les échéances de remboursement
La perte d'un emploi entraîne généralement une baisse notable des revenus. Pour ceux ayant des crédits à rembourser, il est essentiel de faire un point sur son budget et d'identifier les dépenses à réduire. Grâce à la loi Hamon, changer de multirisque habitation ou d'assurance auto peut permettre d'économiser. Il est également conseillé de discuter avec son banquier pour envisager un report ou une modulation des échéances, notamment pour un crédit immobilier à taux fixe.
Le report des échéances
Beaucoup de contrats de prêt permettent le report temporaire des échéances, allant de un à 24 mois, selon l'accord avec la banque. Cela peut être un report partiel, où seul le capital cesse d'être remboursé, ou total, où l’emprunteur n’a même pas à payer les intérêts. Cependant, cela générera des intérêts à un moment ultérieur.
La modulation des mensualités
Il est aussi possible de demander une révision des mensualités d'un crédit après deux ans. Selon les termes du contrat, l’emprunteur peut réduire ses mensualités de 10 à 30 %, mais cette diminution allongera la durée du prêt et augmentera les coûts à long terme.
2 - Activer l'assurance emprunteur
Si vous avez souscrit une assurance emprunteur, elle pourrait couvrir vos mensualités en cas de perte d'emploi. Malgré son caractère facultatif pour certains crédits, cette assurance est souvent exigée pour les prêts immobiliers. Elle prend en charge les mensualités en cas d'événements imprévus, tels qu'un licenciement économique. Il est essentiel de vérifier les garanties, car de nombreuses exclusions sont souvent présentes.
Conditions générales de la garantie perte d'emploi
Les critères pour bénéficier de cette garantie incluent :
- Avoir un CDI depuis au moins un an.
- Percevoir des indemnités chômage suite à un licenciement non volontaire.
- Être âgé de moins de 50 ou 55 ans lors de la souscription.
- Contracter des garanties supplémentaires comme la garantie décès.
Cependant, cette garantie est coûteuse et impose des conditions strictes d'activation.
Montant et durée d'indemnisation
La garantie peut couvrir tout ou partie des mensualités pour une période de 18 à 36 mois, mais un délai de carence (3 à 12 mois) et un délai de franchise (3 à 6 mois) s'appliquent.
3 - Regroupement de crédits
Une autre option est le regroupement de crédits, qui consiste à rassembler plusieurs dettes dans un seul prêt, permettant ainsi de réduire les mensualités. Cette solution, parfois plus flexible que les crédits classiques, peut apporter un soulagement financier en période de chômage. Néanmoins, elle allonge la durée de remboursement et augmente le coût global du crédit.
Les types de dettes qui peuvent être regroupés incluent :
- Crédits à la consommation.
- Crédits immobiliers.
- Découverts bancaires.
- Factures impayées.
Pour accéder à ce type de restructuration, il est mieux d'avoir un coemprunteur en CDI.
Enfin, il peut être judicieux d'envisager le remboursement anticipé de certaines dettes, bien que cela puisse inclure des pénalités, notamment 3 % du capital restant dû pour un crédit immobilier.







