L'association ALEPA de Saint-Benoît fait face à une situation alarmante. Cette semaine, elle a été informée de la suppression de sa prestation financière de 195 000 euros à compter d'août, une décision qui risque de compromettre les séjours organisés pour les personnes autistes durant les vacances.
En pleine période de sensibilisation à l'autisme, cette annonce est un véritable coup de massue pour l'équipe de l'ALEPA. À l'origine de cette aide, l'État, qui la versait par l'intermédiaire d'une structure médico-sociale de la région, ne pourra plus soutenir l'association dans ses missions essentielles.
Depuis 28 ans, l'ALEPA consacre ses efforts à accompagner des enfants et des adultes atteints d'autisme. La directrice de l'association, Véronique Berteaux, explique : "Nous intervenons quand les familles n'ont pas d'accueil dans les structures médico-sociales, notamment les mercredis, les week-ends et durant les vacances".
Cette aide est fondamentalement indispensable pour financer les séjours des enfants, mais aussi pour rémunérer le personnel. Actuellement, l'ALEPA regroupe huit salariés et 70 bénévoles. "Nous serons probablement contraints de réduire notre équipe à deux ou trois personnes, ce qui impactera directement l'accueil des enfants", s'inquiète Véronique Berteaux, rappelant que l'association prône un accompagnement pour une soixantaine de familles chaque année.
Des activités en moins pour les enfants atteints d'autisme
La décision de réduire le budget soulève de vives inquiétudes parmi les parents. En France, environ 700 000 personnes vivent avec un trouble du spectre de l'autisme. Samira, mère d'une fille de 24 ans, témoigne : "Cela fait 20 ans que ma fille est suivie par l'ALEPA. Elle a appris à faire du vélo grâce à l'association et participait à des activités balnéaires. Sans ces séjours, le quotidien sera très dur à gérer".
La suppression des séjours d'été, en raison du manque de financement, pourrait particulièrement isoler les familles, qui se trouveraient submergées par la prise en charge de leurs enfants à plein temps. Samira ajoute : "Ma fille ne fait toujours pas ses nuits, et gérer cela au quotidien tout en travaillant est devenu insupportable". Les activités proposées par l'ALEPA ne sont pas seulement bénéfiques pour les enfants, elles offrent également aux familles des moments de répit essentiels.
Face à cette menace, l'ALEPA a lancé une pétition en ligne qui a déjà récolté près de 2 000 signatures. L'espoir de renverser la situation est toujours présent, et de nombreuses voix s'élèvent pour préserver cette structure indispensable pour tant de familles.







