Alors que la carte scolaire pour la prochaine rentrée se dessine, la tension monte autour des va-et-vient de 200 fermetures de classes prévues dans le Val-d’Oise. Le Rectorat évoque des ajustements dus à une baisse de la démographie, mais les enseignants crient à l'injustice et à la mise en péril des chances des enfants.
« Stop à la fermeture des classes ! AESH maltraités, un budget pour l’éducation ! » Les slogans résonnent comme un cri du cœur, alors qu'environ 300 manifestants mobilisés par divers syndicats se sont rassemblés devant la DSDEN à Cergy pour faire entendre leur voix. Selon le rapport du Comité social d’administration spécial départemental (CSU SD), la première version de la carte scolaire pourrait entraîner 108 ouvertures, mais surtout 194 fermetures, suivies de 109 surveillances à la fermeture pour juin, soulevant des inquiétudes croissantes parmi les professionnels de l'éducation.
« Nous ne pouvons accepter une rentrée dans ces conditions ! »
« Cela signifierait 86 classes en moins dès septembre ! », lance la CGT Educ’action, une des organisations qui a orchestré cette mobilisation. Une opinion largement partagée parmi les enseignants concernés, qui ressentent la pression de cette annonce déstabilisatrice.
Le rectorat, pour sa part, tempère en affirmant qu’aucune fermeture n’est encore actée. « La concertation continue, et les décisions finales n’ont pas encore été prises », assure l’administration. Malgré cela, elle admet que des réductions de dotation sont inévitables dans un contexte où le Val-d’Oise fait face à une perte d'effectifs scolaires significative, avoisinant les 2 600 élèves.
« Nous travaillons dans un des quartiers les plus difficiles »
Les conséquences de ces mesures se font déjà sentir au sein des établissements. À l’école maternelle Louis-Pasteur à Sarcelles, le personnel enseignant se dit alarmé par la suppression d’un poste et des effets dévastateurs sur l’apprentissage. « En tant qu'école classée Rep +, nous avons besoin de chaque poste pour encadrer nos élèves dans un environnement qui leur est souvent défavorable », souligne une institutrice.
Au lieu des deux enseignants pour une classe de 25 enfants, une seule enseignante se verra chargée de 15 élèves, accompagnée d’un demi-poste d’Atsem. Cela complique considérablement l’éducation des plus petits, notamment ceux issus de milieux défavorisés où le français n’est pas la langue maternelle.
« Une attaque contre les zones d’Education prioritaire »
Les suppressions de postes touchent particulièrement les établissements situés dans des zones d’éducation prioritaire. « 60 % des fermetures sont envisagées dans ces secteurs, c'est une véritable attaque sur l'avenir de nos enfants », avertit encore la CGT Educ’action. Parallèlement, le Rectorat remarque que le nombre d’élèves par classe poursuit sa décroissance, mais le contexte d’une baisse générale des moyens budgétaires soulève des questions inquiétantes sur l’avenir du système éducatif dans le département.
Dans cette période de turbulences, il est crucial que les décisions prises assurent un cadre éducatif favorable pour tous, surtout pour ceux qui en ont le plus besoin. Plusieurs enseignants et experts du domaine de l'éducation s'interrogent sur l'impact à long terme de ces décisions sur la qualité de l'enseignement dans les quartiers sensibles.







