Depuis février, l'église médiévale située rue du Mirail est à l'origine d'une vaste opération de sauvetage, face à des risques d'effondrement. Le chantier, prévu jusqu'à l'été 2027, a pour but de sécuriser le bâtiment et les habitations environnantes, mais ne prévoit pas de restauration, qui dépendra de son propriétaire.
« C’est un chantier de sauvegarde, pas de restauration », précise Manuel Lalanne, conservateur des monuments historiques à la Direction régionale des affaires culturelles (Drac). L'église Saint-Jacques, édifice du XIIe siècle largement reconstruit au XVe siècle, est un témoignage unique du Bordeaux médiéval, souligne l'historien Guilhem Pépin, ayant contribué à sa classification en tant que monument historique. Néanmoins, l'état de l'édifice s'est dégradé depuis plusieurs années.
De nombreux problèmes structurels ont été constatés, principalement causés par la détérioration progressive du bâtiment. En avril 2025, la Ville de Bordeaux a pris des mesures sérieuses, interdisant l'accès à des jardins adjacents en raison des dangers potentiels. La préfecture a par ailleurs sommé la propriétaire de faire réaliser des travaux de mise en sécurité.
Le retard engendré par des différends juridiques a finalement pris fin avec le début des travaux en février 2026. « Il y avait urgence », déclare Manuel Lalanne. En 2001, une clef de voûte s'était effondrée, laissant la charpente presque entièrement pourrie. Depuis, les murs de l'église ne tenaient plus que sur leurs fondations.
Les ouvriers travaillent désormais à renforcer la structure, et la voûte est soutenue par des étais. Auparavant, des interventions avaient déjà eu lieu pour stabiliser d'autres parties de la voûte. Cependant, la situation reste préoccupante : le principal de la voûte est recouvert de plâtre, rendant difficile l'évaluation de l'état de la charpente supérieure.
Peintures altérées, un patrimoine en danger
Le chantier a également une dimension patrimoniale, car l'état des peintures murales, refaites au XIXe siècle, est particulièrement inquiétant. Sur quatorze étapes d’un chemin de croix, il ne reste que trois bas-reliefs à peu près intacts. Bien que l'église reste un bien privé, la prise en charge de sa restauration sera primordiale, que ce soit par le propriétaire actuel ou un futur acquéreur, car l’église Saint-Jacques devait être mise en vente en novembre 2025. Cependant, aucun nouvel élément sur cette transaction n’a été relayé fin mars 2026.
La facture des travaux en cours s'élève à plus de 720 000 euros, les frais étant avancés par la Drac, qui pourra exiger le remboursement de la moitié de la somme à la propriétaire. Le sauvetage de l'église Saint-Jacques est donc une question de sécurité, mais aussi un combat pour la préservation du patrimoine historique de Bordeaux.







