Dans un reportage percutant, New Lines Magazine explore les pratiques surprenantes des mariages secrets à travers les ruelles animées de Nouakchott et de Nouadhibou. Dans une société mauritanienne en pleine évolution, ces unions clandestines sont devenues presque communes.
Tandis que Tuti célèbre le neuvième divorce de son amie Nevissa, un message intrigant s'affiche sur son téléphone. Elle sourit en racontant : “Un Marocain me propose un mariage secret avant son départ de Nouakchott dans deux mois.”
Ce message provient d'un visiteur attentif de la boutique de Tuti, située au “marché des femmes divorcées”, un lieu où ces femmes vendent leurs biens après une séparation, comme l'indique le reportage de New Lines Magazine.
Bien que moins courant que le divorce, le mariage secret, ou “sirriya”, gagne en popularité. Célébré par un imam de manière discrète, il permet notamment aux Mauritaniens de naviguer la complexité de la polygamie, souvent perçue comme “mal vue” dans le pays.
La pratique de la sirriya est une réponse astucieuse à la stigmatisation liée à la polygamie et aux relations hors mariage, jugées haram dans l'islam. New Lines Magazine souligne que cette tendance émerge dans un contexte d'urbanisation rapide où tradition et modernité s'entrechoquent.
Transformations profondes
Ces pratiques font partie intégrante du paysage social en transformation continuellement d'une nation ayant connu de profonds changements au cours des dernières décennies. “Les divorces successifs et les mariages secrets sont désormais ancrés dans la culture mauritanienne”, avance Nedwa Moctar Dech, directrice d’une ONG dédiée à l'autonomisation des femmes.
Elle note que de nombreux jeunes utilisent le mariage secret pour établir des relations temporaires, souvent sans intention de long terme. “Certains en viennent à prendre des épouses en cachette pour quelques semaines ou quelques mois,” explique-t-elle.
Des voix comme celles de Mohamed, âgé de trente ans, et d'Ahmedou, 24 ans, confirment cette dynamique, chacun partageant son expérience de la libération que leur offre le mariage clandestin.
Alors que certains cherchent une relation sérieuse et d'autres un soutien financier, la sirriya reste profondément ancrée dans la culture mauritanienne, malgré quelques critiques. New Lines Magazine conclut que cette pratique, bien que controversée, témoigne des changements radicaux dans la société.







