En 2025, 14 des 33 personnes décédées sur les routes de Dordogne étaient âgées, et six étaient responsables de l'accident. Ce constat soulève des questions essentielles sur la sécurité des seniors au volant, et l'importance de les sensibiliser, ainsi que leurs proches, à leur aptitude à conduire.
Thierry Sauquet, médecin à Périgueux et coordinateur des médecins experts de la commission permis de conduire, a constaté le désarroi chez ceux qui ne peuvent plus prendre le volant. « Pour beaucoup, c'est un signe de perte d'autonomie, un immense choc », confie-t-il.
Dans la plupart des cas, ce sont des proches préoccupés qui poussent leurs aînés à solliciter un avis médical. « Les statistiques sont là : les conducteurs de plus de 75 ans affichent effectivement un taux d'accidents supérieur à celui des jeunes adultes. Cependant, cela ne signifie pas que tous les seniors sont des dangers publics », assure l'expert. Il souligne que les troubles neurocognitifs peuvent altérer les réflexes nécessaires à la conduite, entraînant des situations à risque.
Une évaluation adaptée au contexte
Selon l'Institut national de sécurité routière, l'âge moyen d'arrêt de la conduite est de 79 ans pour les femmes et 82 ans pour les hommes. Lorsque ce choix est volontaire, il est généralement vécu de manière plus positive, mais cela reste un défi pour beaucoup.
« En France, l'âge du conducteur ne doit pas être le seul indicateur d'aptitude, mais plutôt son état de santé »
Les permis de conduire récents, au format carte de crédit, sont valides pour 15 ans. Des révisions sont nécessaires pour le permis plus ancien, mais aucune nouvelle évaluation n'est requise. En 2024, tandis que la Commission européenne envisage des réformes pour les plus de 70 ans, la France maintient une évaluation personnalisée plutôt qu'un contrôle systématique lié à l'âge.
Sensibiliser sans stigmatiser
La mission consiste à sensibiliser sans discriminer. « Un diagnostic précoce est essentiel pour éviter des issues dramatiques », ajoute le Dr Sauquet. Les médecins de famille, neurologues et gériatres peuvent encourager les patients à consulter, mais ils ne peuvent pas obliger cette démarche. En Dordogne, environ trente professionnels sont impliqués dans cette tâche.
Les assurances peuvent également proposer des évaluations des aptitudes à conduire ou des tests de connaissance des panneaux. Cependant, c'est souvent l'entourage familial qui est en mesure d'identifier les premiers signes d'un déclin, interrogeant ainsi le moment opportun pour intervenir.
En conclusion, alors que le nombre d'accidents a légèrement diminué, l'implication des seniors dans les accidents mortels reste préoccupante. La sensibilisation et l'évaluation personnalisée sont des étapes cruciales pour garantir la sécurité de tous sur les routes.







