Les agriculteurs français sont à nouveau dans les rues, déterminés à faire entendre leurs revendications alors que le Premier ministre, Sébastien Lecornu, entame des discussions cruciales avec les principaux syndicats agricoles. Des tracteurs ont été déployés à travers le pays, notamment sur les importantes autoroutes A75, A64, A51 et A7, paralysant certaines voies d'accès à des villes clés comme Lyon.
« Nous ne bougerons pas tant que le gouvernement n’aura pas répondu à nos demandes concernant la dermatose nodulaire et l’accord avec le Mercosur », a averti Laurence Chanove, animatrice régionale de la Coordination rurale. La FNSEA, le syndicat le plus puissant, a déjà signalé une mobilisations massive, avec des menaces d'intensifier les opérations vers Paris.
Les défis sont multiples : une épidémie de dermatose nodulaire chez les bovins, des prix du blé en chute, des coûts d’engrais prohibitifs et une concurrence accrue des pays d’Amérique du Sud pèsent lourdement sur le moral des agriculteurs. Les viticulteurs, tout autant en détresse, illustrent un secteur dans une situation critique.
La ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a annoncé aujourd'hui une augmentation du fonds hydraulique agricole pour 2026. Cependant, les syndicats jugent cette mesure ainsi que d'autres récentes comme "insuffisantes" face aux urgences du terrain. La FNSEA a exprimé une profonde frustration à l’égard d’un manque de vision stratégique, évoquant des besoins de réponses concrètes sur les revenus des agriculteurs.
Parallèlement, M. Lecornu appelle l’Union européenne à renforcer les contrôles aux frontières sur les produits agricoles, un geste jugé bienvenue mais largement insuffisant par les agriculteurs. Ce dilemme de l'importation de produits non conformes aux normes européennes est au cœur de la contestation, comme le souligne la mobilisations à Calais où quelques dizaines de producteurs vérifient les marchandises transportées.
La situation semble avoir atteint un point de non-retour. Nombre d'observateurs s’interrogent sur la capacité du gouvernement à répondre aux attentes urgentes des agriculteurs, d'autant plus que les syndicats, échaudés par des promesses passées, affichent un scepticisme marqué.
Alors que ce mouvement de colère s'intensifie, les mois à venir seront cruciaux pour l'avenir du secteur agricole en France. Avec des décisions imminentes sur l’accord UE-Mercosur, les agriculteurs espèrent que leur voix portera face aux autorités, à défaut de quoi les tracteurs pourraient bien prendre le chemin de Paris. C’est un moment décisif pour l’agriculture française.







