La tension monte au sein du paysage politique français alors que Marine Le Pen et Jordan Bardella se préparent à une décision judiciaire imminente. À moins de 24 heures du verdict, les adversaires politiques se doutent que l'issue pourrait bouleverser la dynamique du Rassemblement national.
"On ne choisit pas ses adversaires, on les combat", a affirmé Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, interrogée sur le futur candidat d'extrême droite sur Franceinfo.
Marine Le Pen saura mardi si elle écope d'une peine d'inéligibilité réduite par la cour d'appel de Paris relativement à l'affaire des assistants parlementaires lorsqu'elle était encore à la tête du Front national. Avec une peine supérieure à deux ans, c'est son poulain, Jordan Bardella, qui prendrait les rênes.
Cette ancienne candidate aux élections présidentielles, qui a atteint le second tour en 2017 et 2022, pourrait également décider de se retirer si le jugement l'obligeait à mener campagne sous contrôle électronique. Elle a déjà annoncé qu'elle dévoilerait sa décision le jour même du verdict, potentiellement dans le journal de TF1.
L'ensemble du monde politique attend avec angoisse cette échéance cruciale pour l'élection de 2027. Bien que les deux candidats présentent des profils très différents – Le Pen, experte en politique face à un Bardella jugé jeune et inexpérimenté – le Rassemblement national reste largement en tête des sondages, plafonnant à plus de 30% d'intentions de vote.
- "Équipe soudée" -
Lors d'un banquet militant à Liévin, Le Pen et Bardella ont affiché leur solidarité en promettant confiance et amitié. Le président du RN, Bardella, a même exprimé son admiration pour celle qui l’a propulsé en politique, promettant de mener le combat avec détermination.
Laurent Jacobelli, porte-parole de la campagne, a exprimé sa volonté de montrer une "équipe soudée", tout en soulignant ses réserves concernant le pouvoir judiciaire qui pourrait priver le leader de l'opposition de sa candidature.
En attendant, les adversaires du RN restent mobilisés.
- "Rétrécissement" -
"Je combats le Rassemblement national, que ce soit via Bardella ou Le Pen, car leur projet représente un danger pour le pays, une sorte de rétrécissement induisant l'isolement", a déclaré Maud Bregeon. Cette position est partagée par Édouard Philippe, candidat à la présidence, qui a critiqué les deux figures lors de son premier meeting.
Philippe a qualifié le RN de mouvement ambigu, oscillant entre des idées socialistes dans le Nord et libérales dans le Sud. Bardella est également critiqué pour son image dans les cercles huppés, ayant été aperçu au Grand Prix de F1 à Monaco avec sa compagne.
Parallèlement, Jean-Luc Mélenchon a exprimé sa conviction de pouvoir "éliminer" le candidat du RN dès le premier tour, tandis qu'Olivier Faure, président du Parti socialiste, n’a pas manqué de souligner que Le Pen et Bardella défendent "le même programme xénophobe".







