Le maire d’Arras (Pas-de-Calais) a porté plainte après la diffusion d’une vidéo visant une élue handicapée. Une lettre a également été adressée à Emmanuel Macron.
Une polémique a éclaté à Arras, où le maire Frédéric Leturque (Divers centre) et la conseillère municipale Éléonore Laloux ont déposé plainte, le 22 mai, suite à la diffusion d'une vidéo dans laquelle un influenceur se moque de l’élue atteinte de trisomie 21. Selon RTL, le maire a également envoyé une lettre au président de la République, Emmanuel Macron, pour lui demander de condamner ces propos dégradants envers Mme Laloux. Frédéric Leturque souhaite aussi saisir l'Arcom pour faire cesser ce type de comportements, soulignant que ces moqueries en ligne sont inacceptables et participent à une banalisation dangereuse de la haine.
Des propos insultants
Dans une vidéo diffusée en direct sur YouTube le 10 avril, bien que retirée depuis, des extraits montrant l'influenceur tenir des propos racistes à l’encontre de Mme Laloux circulent encore. Il l’a notamment qualifiée de "mongolienne" et s’est moqué de sa façon de s’exprimer. "Je n’ai pas envie de quelqu’un comme ça dans ma ville," a-t-il déclaré, indiquant qu’il quitterait Arras si une telle personne était maire.
La conseillère municipale "choquée"
Éléonore Laloux, conseillère municipale depuis 2020, a appris le contenu de la vidéo et a été profondément choquée, bien que ce ne soit pas la première fois qu’elle subit de telles humiliations, selon son père. Ce dernier a souligné le soutien fort qu’elle reçoit de son équipe et de ses amis. Elle a prévu de rencontrer le préfet du Pas-de-Calais dans les jours à venir. Le président des Hauts-de-France, Xavier Bertrand (LR), a également dénoncé la "lâcheté" de ceux qui tournent le handicap en dérision pour attirer l’attention.
La ministre de l'Autonomie et des Personnes handicapées, Camille Galliard-Minier, a également réagi, affirmant qu'Éléonore Laloux "porte une parole essentielle pour notre République" et que les attaques dont elle est victime sont "indignes". Elle a insisté sur le fait que la liberté d'expression ne peut justifier la stigmatisation, ajoutant que les discours haineux sapent le pacte républicain fondé sur l’égalité entre tous les citoyens.







