Les agriculteurs français renouent avec la mobilisation, avec leurs tracteurs prêts à bloquer les routes pour faire entendre leur détresse. Ce lundi, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a débuté des rencontres avec plusieurs syndicats agricoles pour discuter des défis pressants du secteur. La colère des paysans menace de se transformer en un troisième hiver de mécontentement, si leurs préoccupations ne sont pas prises en compte.
Les discussions entamées aujourd'hui incluent la rencontre avec les Jeunes agriculteurs (JA) et la Coordination rurale (CR). Des entretiens avec la puissante FNSEA et la Confédération paysanne sont également prévus pour mardi. Cette mobilisation intervient dans un contexte de crises multiples, notamment une épidémie de dermatose nodulaire qui affecte les bovins, des prix bas du blé, et une concurrence accrue en provenance du Mercosur.
La gendarmerie a déjà signalé plusieurs blocages, notamment sur les autoroutes A75, A64, et A51. À Lyon, un cortège de 30 tracteurs bloque une voie d'accès à l'autoroute du Soleil. Laurence Chanove de la Coordination rurale a déclaré : "Nous ne bougerons pas tant que le gouvernement ne répondra pas à nos demandes concernant la dermatose et l'accord avec le Mercosur." La tension monte alors que des rumeurs circulent sur la possibilité d'un rassemblement massif à Paris.
La FNSEA, syndicat dominant, a lancé un appel à la mobilisation nationale, ce qui pourrait intensifier les mouvements. Le gouvernement a promis des mesures en faveur des agriculteurs, comme l'augmentation du fonds hydraulique agricole à 60 millions d'euros d'ici 2026. Cependant, les syndicats jugent ces promesses insuffisantes. Par exemple, la FNSEA a critiqué le manque de vision face aux problématiques de revenus et de conditions de production, tandis que d'autres unions comme la Coordination rurale et la Confédération paysanne appellent à des solutions plus radicales.
Un enjeu majeur reste la vaccination des bovins, qui semble essentiels pour contrôler la propagation de la dermatose. La vaccination devrait atteindre 75% lundi, condition préalable pour lever certaines restrictions. Les syndicats entendent également relancer la mobilisation contre l'accord de libre-échange UE-Mercosur, qui devrait être signé prochainement.
Les agriculteurs ont également mis en place un barrage filtrant à Calais pour sensibiliser la population à leurs défis. Antoine Peenaert de la FNSEA a déclaré : "Nous voulons que les citoyens prennent conscience des normes de production que nous devons respecter, contrairement à d'autres pays." En somme, la situation est tendue, et les agriculteurs attendent des réponses concrètes du gouvernement.







