Emmanuel Macron a marqué son soutien à l'abrogation symbolique du "Code noir" lors d'une réception à l'Elysée, célébrant le 25e anniversaire de la loi reconnaissant la traite et l'esclavage comme crimes contre l'humanité. Ce texte, défendu par Christiane Taubira, reste pour Macron un symbole de la nécessité de reconnaître les erreurs du passé.
Le "Code noir", qui réglementait l'esclavage durant les XVIIe et XVIIIe siècles, n'a jamais été formellement abrogé. Macron a souligné que le maintien de ce code, bien qu'inefficace juridiquement, représente une faute historique et une trahison des valeurs républicaines. "Je demande au gouvernement d'adopter la proposition de loi visant à l'abroger", a-t-il affirmé, annonçant un débat à l'Assemblée nationale prévu pour le 28 mai.
Christiane Taubira a également mentionné la résolution de l'ONU, initiée par le Ghana, qui qualifie l'esclavage et la traite des Africains de "crimes contre l'humanité". La France, en s'abstenant de voter, maintient sa position selon laquelle il ne doit pas y avoir de hiérarchie entre les crimes contre l'humanité. Macron a reconnu que cette résolution, adoptée par de nombreux pays d'Afrique et d'Amérique, marque une demande de justice à prendre en compte.
Concernant les réparations, Macron a avoué que c'est une "question immense" qui demande une réflexion approfondie. "Nous ne pouvons promettre une réparation totale, car cela serait illusoire", a-t-il précisé, ajoutant que la vraie réparation consiste d'abord à reconnaître l'histoire. Ses travaux avec des historiens sur le prix de la liberté imposé à Haïti seront dévoilés en décembre.
Dans ce débat, Macron a insisté sur l'importance de l'éducation pour restaurer la place des faits dans l'histoire, tout en rappelant que le chemin de la reconnaissance et de la réparation est encore en cours. Il a mis en garde contre les critiques venant de la droite et de l'extrême droite, affirmant qu'il n'y a pas d'identité française qui nie le passé ou refuse d'avancer vers la reconnaissance des injustices.
Pour conclure, Macron a affirmé que les réparations, bien qu'imparfaites, sont essentielles pour bâtir un avenir fondé sur la reconnaissance des souffrances passées. "Sans cette reconnaissance, il sera impossible de construire l'avenir", a-t-il averti, reconnaissant la complexité et la délicatesse de ce sujet.







