Ce mercredi, l'avocat de Claude Guéant, Me Philippe Bouchez El Ghozi, a déclaré à l'AFP que la mémoire pourrait parfois jouer des tours lorsqu’on est mis sur la sellette. Il a également ajouté que son client serait disposé à fournir un "complément d'attestation" en réponse aux éventuelles nouvelles accusations de Nicolas Sarkozy, qui est jugé par la cour d’appel dans le cadre du dossier libyen.
Lors de l’audience mardi 14 avril, l’avocat a produit une attestation écrite de Guéant, qui pour des raisons de santé n’a pas pu être présent. Dans ce document, l'octogénaire a abruptement pris ses distances avec son ancien supérieur, suite aux doutes soulevés par Sarkozy à son encontre.
Me Bouchez El Ghozi a précisé : "Cette rupture a été provoquée non pas par Claude Guéant, mais par Nicolas Sarkozy qui a adopté une nouvelle tactique en tentant de mettre en cause son ancien bras droit". Selon lui, cette nouvelle stratégie vise à "se défausser et prétendre qu'il n’était pas informé des demandes libyennes concernant la situation judiciaire de Abdallah Senoussi", un dignitaire libyen.
Il a ajouté : "Tout ce que Claude Guéant a entrepris a toujours été sous l'autorité et sur instructions de Nicolas Sarkozy."
Nicolas Sarkozy condamné à 5 ans de prison pour association de malfaiteurs
En première instance, Nicolas Sarkozy a été condamné à cinq ans d’incarcération, reconnu coupable d'avoir permis à Claude Guéant et Brice Hortefeux de rencontrer clandestinement Senoussi, un homme condamné à perpétuité pour l'attentat du DC-10 d'UTA en 1989, ayant causé la mort de 170 personnes, dont 54 Français. Cette rencontre aurait visé à établir un "pacte de corruption".
Les principaux concernés, Guéant et Hortefeux, contestent cette version des faits, affirmant avoir été "piégés" et que leur coprévenu n’était même pas informé de ces rencontres.
Me Bouchez El Ghozi a évalué que la décision de Sarkozy de mettre en cause Claude Guéant "ne lui apportera pas d’avantages devant la cour, mais pourrait paradoxalement lui nuire".
Il a également averti : "Toute nouvelle accusation contre Claude Guéant fera l'objet d'un complément d'attestation". De leur côté, les avocats de Nicolas Sarkozy ont souhaité s’en tenir à la stricte procédure judiciaire, ne désirant pas s'exprimer dans les médias.







