L'Assemblée nationale se prépare pour une discussion cruciale le jeudi 16 avril concernant la loi Yadan, conçue pour lutte contre les manifestations renouvelées de l'antisémitisme. Cette loi soulève une forte opposition au sein des élus de La France insoumise (LFI).
À l'approche de cette réunion, Manuel Bompard, coordinateur des LFI, a qualifié ce projet de «dangereux», affirmant qu'il «fait passer toute critique du gouvernement israélien pour de l’antisémitisme». Initiée par la députée macroniste Caroline Yadan, cette législation a pour but de répondre à la montée inquiétante de l'antisémitisme observée depuis le 7 octobre 2023. Concrètement, elle prévoit l’instauration d’un délit sanctionnant les appels à la destruction d'un État.
Bompard critique le texte en arguant qu'il prétend lutter contre l'antisémitisme, tout en «instrumentalisant ce combat pour réprimer la critique de la politique du gouvernement israélien, ainsi que de la colonisation et du génocide à Gaza». Cet avis a été exprimé lors d'une intervention sur Public Sénat mercredi dernier.
Le député souligne que s'il existait véritablement une loi pour combattre efficacement l'antisémitisme, il la soutiendrait. Cependant, il craint que certains articles de cette loi élargissent le délit d'apologie du terrorisme, souvent utilisé pour museler des discours qui ne relèvent pas de cette apologie.
Bompard alerte également sur le fait que «tous les Juifs de France ne sont pas responsables de la politique du gouvernement israélien». Il pose une question provocatrice sur la légitimité de soutenir une solution à un État binational, où Juifs et Palestiniens cohabiteraient, se demandant si cette proposition devrait être criminalisée.
Pour lui, l'arsenal législatif actuel est suffisant pour traiter de l'antisémitisme. Ce qui manque, selon lui, ce sont les ressources et l'engagement politique, ce qui justifie la nécessité d'un «plan de lutte contre l’antisémitisme».
Manuel Bompard rappelle ainsi que le véritable combat doit viser à dissocier critique légitime et antisémitisme, en appelant à une réflexion plus nuancée sur les frontières de la liberté d'expression.







